Les Nuits se terminent, entre Beyrouth et Kinshasa

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Ibrahim Maalouf et le Staff Benda Bilili ont mis un « Clap » de fin sur nos Nuits Botanique 2012.



Une soirée aux parfums libanais et congolais. Le virtuose de la trompette à quatre pistons a été particulièrement apprécié, avec un groupe impressionnant, dans un set très tendu.

On arrive déjà au bout de ces dix jours de fête musicale, plus que bien remplis. Pour tout dire, on est un peu sur les rotules tellement la semaine fut dense en concerts, articles et interviews en tout genre. Parce qu'au-delà des prestations des artistes, ce festival a aussi été l'occasion d'en rencontrer et de discuter de leur travail, échanges qui vous seront livrés sur notre site dans les prochaines semaines évidemment !

Monsieur Ibrahim et le souffle du Liban


A l'heure de rejoindre le Cirque royal ce dimanche, la foudre s'abat sur Bruxelles et nous slalomons pour arriver, un poil en retard, au rendez-vous que nous fixe Ibrahim et sa trompette magique. Loin d’être plein (on a sorti la bâche qui transforme le cirque en endroit presque cosy!) la salle est attentive et se montre de plus en plus enthousiaste au fil des morceaux.

Alors que son troisième disque Diagnostic est plutôt calme et posé, la prestation sur scène est souvent survitaminée. Un groupe de cinq musiciens jouant tantôt dans un registre jazz, tantôt rock mais toujours avec une belle énergie. Les respirations d'Ibrahim seul à la trompette n'en sont que plus agréables. Ce mec est vraiment un crac et même avec un refroidissement ( il nous confiait craindre un début d'angine) il fait des miracles avec sa bouche. Sans parler de ce quatrième piston si particulier, inventé par son père, qui lui permet de jouer les quarts de ton et qui lui donne de ce fait un son reconnaissable immédiatement.

Avec son formidable morceau Beirut digne des plus belles musiques de film, il séduit et fait planer le public avant de tout lâcher, avec ses 5 camarades, dans un dernier riff rock. Chapeau les gars, quelle claque !



Le retour des cousins de Kinshasa

On a déjà beaucoup écrit sur les musiciens du Staff Benda Bilili, tous atteints de la polio et dont quatre montent sur scène en chaises roulantes. On sera donc plus bref. Disons qu'on adore toujours autant les voir se dandiner dans la lumière malgré leurs corps déformés, que voir un guitariste en fauteuil cela reste un phénomène et que leur musique fait toujours danser nos membres et notre cœur amoureux de cet Afrique chantant.

Mais nous avons plus pris conscience, des limites de leur univers musical, vraiment très répétitif (il y a eu un peu trop de rumba dans l'air!). Et puis surtout, l'instrument à « corde », sorte de violon de la débrouille, dont on a oublié le nom, nous a vraiment insupporté. Le son strident et monocorde qui en sortait quasi à chaque morceau nous a trop souvent empêché de profiter du reste de l'ambiance sonore qui avait pourtant tout pour nous plaire. On a un peu dansé, un peu crié, un peu chanté, mais sans être vraiment dedans.



La faute aussi, sûrement, à la fatigue accumulée, signe d'un festival vécu à cent à l'heure qu'on a essayé de vous faire vivre au plus près. Une très belle édition des Nuits qui nous met déjà l'eau à la bouche pour la suite des événements estivaux. Bref, restez branchés... !

François Colinet