Les Nuits Botanique - Bertrand Belin séduit par sa poésie

Bertrand Belin
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Bertrand Belin - © ® P. Lebruman 2013

Très grosse affluence en ce vendredi avec une affiche qui fait le grand écart entre électro, blues et chanson, on prend la troisième option avec Bertrand Belin.

En arrivant au Botanique ce vendredi soir, on plonge dans une atmosphère étrange. La foule est déjà compacte en début de soirée et les vitres de la serre tremblent sous les coups de boutoir des basses en provenance du chapiteau qui abrite la soirée "Ed Banger 10". Justice, les papes français de l'électro ainsi que le charmant Breakbot ont fait le déplacement pour fêter dignement cet anniversaire, depuis longtemps annoncé à guichets fermés.

 

Plus généralement, c'est l'ensemble de l'offre de ce 10 mai qui a visiblement convaincu le public. Aux abords de l'Orangerie, la file s'allonge alors que le Cirque Royal attirait, lui aussi, beaucoup de monde pour applaudir la légende du blues Seasick Steeve.

 

Des caresses rock'n roll

 

Preuve que les Nuits Botanique se distinguent par leur éclectisme, c'est dans autre endroit encore que nous trouverons notre bonheur du jour. La Rotonde affichait complet pour accueillir Bertrand Belin et ses musiciens. Rarement cet endroit nous aura semblé aussi prisé. Plus un centimètre d'espace et pourtant l'ambiance feutrée est plutôt zen.

Il faut dire que la voix du breton pourrait sans doute apaiser les colères les plus ravageuses. Caressante à souhait, elle permet de déguster la poésie de ses textes et son subtil jeu de guitare. Avec quatre camarades (guitare, basse, claviers et Tatiana la batteuse!) il nous emmène dans ses contrées imaginaires. Dans ces "parcs", nouvel album à paraître le 27 mai et dont il présente plusieurs extraits. C'est inhabituel, et agréable, d'entendre sur scène des morceaux pour la première fois. Pas de doute, ce disque est prometteur !

"Hypernuit", hyper beau !

Aussi beau que le splendide "Hypernuit" qui l'a précédé, sans doute pas mais laissons-lui le bénéfice du doute. C'est que cette soirée nous a rappelé à quel point ce disque nous prend aux tripes. Bertrand sait que celui-ci a été unanimement acclamé et lui a apporté un nouveau public. Il ne se prive donc pas d'en proposer les grandes lignes. "Y en a-t-il" sera interrompu par un souci de câble et l'histoire de  Groseille, un tigre fictif tandis que "La Chaleur" fera l'objet d'un duo avec Tatiana : "Courage, avançons, un jour arrivera, où nous arriverons, à voyager léger, léger..." Poétique et philosophique, c'est aussi ça Bertrand Belin !

Guitariste aux expériences multiples (il a joué dans des groupes cajuns et cubains, dans des projets de jazz, accompagné Bénabar sur scène...) il varie les ambiances, des plus planantes aux plus rugueuses. A la fois très classe et très agité, il nous gratifie de quelques pas de danse et ne peut laisser ses pieds en place. Comme il ne peut s'empêcher de raconter quelques histoires à dormir debout ou de répondre aux commentaires de quelques spectateurs. C'est ça, la magie de la Rotonde : une proximité imprévisible. Et il en a décuplé les charmes !

François Colinet

Bertrand Belin - "Parcs"  Sortie le 27 mai (PIAS)

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