Les nominations aux Grammys attendues sous le signe de la diversité

Parmi les mieux placés en vue de cette 61e édition figure la rappeuse Cardi B avec son premier album "Invasion of Privacy" mais aussi sa collaboration avec le groupe pop Maroon 5 sur "Girls Like You".
Parmi les mieux placés en vue de cette 61e édition figure la rappeuse Cardi B avec son premier album "Invasion of Privacy" mais aussi sa collaboration avec le groupe pop Maroon 5 sur "Girls Like You". - © ANGELA WEISS / AFP

Critiqués l'an dernier pour leur manque de réactivité au coeur de la vague #MeToo, les Grammy Awards, ont pris plusieurs mesures pour s'ouvrir à la diversité, une politique qui pourrait se concrétiser vendredi avec l'annonce des nominations pour la cuvée 2019.

Une seule victoire pour une femme, la Canadienne Alessia Cara sacrée révélation de l'année, parmi la vingtaine de catégories principales, la pilule était mal passée, le 28 janvier dernier, lors des 60e Grammys, les récompenses de l'industrie musicale américaine.

Le mot-clé #GrammysSoMale (Grammys tellement masculins) n'avait pas tardé à fleurir sur Twitter, d'autant que Kendrick Lamar et Bruno Mars, les deux grands vainqueurs de la soirée, n'avaient pas une seule fois mentionné les mouvements féminins #MeToo ou Time's Up, célébrés, sur scène, par de nombreuses chanteuses.

Pour ne rien arranger, le président Neil Portnow avait eu des mots malheureux quelques heures après la fin de la cérémonie, invitant les femmes à "passer à la vitesse supérieure" pour décrocher elles-aussi des récompenses. Les critiques visaient le palmarès, les nominations, mais aussi la composition des membres de la Recording Academy, l'organe de représentation des professionnels de la musique aux États-Unis, au sein duquel les hommes blancs d'âge mûr étaient surreprésentés.

Après des mois de contestation, l'Academy a fini par céder, créer une "task force diversité et inclusion" et prendre une série de mesures. La plus visible aura été le passage de cinq à huit nommés dans les quatre principales catégories, à savoir l'album de l'année, enregistrement de l'année, chanson de l'année et révélation de l'année.

Soirée faste pour les Carters ?
L'instance professionnelle a aussi opéré des changements moins visibles mais plus profonds, comme le passage au vote électronique, pour inciter les jeunes musiciens à participer.

Début octobre, l'Academy a été plus loin en proposant de devenir membres (avec droit de vote pour les Grammys) à 900 artistes qui présentaient des profils variés pour renforcer la représentativité de l'institution. Premier résultat tangible, le comité de validation des nominations est désormais composé à 51% de femmes et à 48% de membres non-blancs, contre respectivement 28% et 37% il y a un an. Mais pour que le changement se matérialise aux yeux du public et de l'industrie tout entière, il faudra en passer par les nominations, vendredi, et les lauréats, le 10 février prochain, à Los Angeles.

Parmi les mieux placés en vue de cette 61e édition figure la rappeuse Cardi B avec son premier album "Invasion of Privacy" mais aussi sa collaboration avec le groupe pop Maroon 5 sur "Girls Like You".

La soirée pourrait également être faste pour le couple Beyoncé/Jay-Z, porté par son album événement "Everything is Love", après une cérémonie 2018 difficile, où Jay-Z avait terminé bredouille, malgré huit nominations.

Toujours dans la catégorie reine d'album de l'année, le rappeur canadien Drake, Taylor Swift, voire Janelle Monae, auront leur mot à dire.

Côté morceaux, les nominations et le palmarès seront un test pour l'Academy, qui a le choix de se montrer politique avec "This is America" de Childish Gambino et "Apeshit" des Carters, ou de rester dans le divertissement, comme en janvier dernier avec Bruno Mars.

Dans ce second scénario, "God's Plan" de Drake ou "Girls Like You" de Maroon 5 sont bien positionnés pour l'enregistrement de l'année et chanson de l'année, même s'il s'agit aussi de titres à message.