Les Abattoirs de Bomel, quartier de culture

Les Abattoirs furent un lieu de transformation utile à la collectivité ; totalement rénovés, ils le sont toujours, investis par les activités du Centre Culturel de Namur. Bouillonnant d’initiatives, de rapprochements interdisciplinaires, ruche bien vivante, l’institution expérimente dans ses nouveaux locaux la pluralité des approches
et des publics. Le festival Beautés Soniques s’y déroulera en partie, dans la même veine de convivialité et d’abattement des frontières.

C’est au nord que ça se passe, au-delà de la gare, dans ce quartier de Bomel à l’allure délaissée. Au bout d’une rue aux maisons mitoyennes sans signe particulier si ce n’est la présence du Foyer Namurois, le bâtiment tout frais des anciens abattoirs surprend. Ça sent soudain le neuf. Le Centre Culturel de Namur, en attente de la phase finale d’aménagement et d’une vraie signalétique, fait vivre le quartier depuis début 2015. Il deviendra en octobre prochain le QG convivialité des Beautés Soniques. Là, fin juillet, à la veille de la trêve estivale, peu d’activité ; une jeune femme en quête d’infos passe la tête par la porte du Plan B, cœur battant du bâtiment réhabilité.

Tout le monde entre par cet espace convivial. On peut s’asseoir, lire, attendre quelqu’un, boire un café. Il y règne une certaine décontraction favorisant la rencontre, explique Marylène Toussaint, directrice de l’action culturelle. Les Abattoirs ont évité de justesse d’être rasés. Inaugurés en 1946, d’architecture moderniste, équipés des dernières innovations techniques dont un laboratoire (hygiène oblige), ils sont restés en activité jusqu’en 88. Diverses associations s’y installent ensuite jusqu’à la décision de démolition. L’énergie et la persévérance du comité de quartier Bomel sauve l’édifice non classé. À l’heure de la prise de conscience de la richesse architecturale des anciens bâtiments industriels, les villes n’abattent plus les abattoirs, elles les transforment en bouillons de culture, comme à Toulouse, à Anderlecht ou à Mons, irriguant les quartiers d’un sang nouveau.

Rester organique

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Les Abattoirs de Bomel © Jean-François Flamey

L’architecte en charge de la rénovation n’a conservé que la carcasse extérieure et reconstruit l’intérieur en espaces immaculés.

En collaboration avec toute une série d’associations, poursuit la directrice, on a ensuite monté des laboratoires de réflexion. Une ressourcerie avait occupé les lieux ; on est parti sur le recyclage des matériaux. Spécialisé dans le réemploi, le collectif multidisciplinaire Rotor occupe la première résidence du Centre pendant trois mois. Le travail avec Rotor a été de remettre du bois, de la vie, de la chaleur, de faire en sorte que des gens qui ne se rencontrent pas habituellement puissent interagir ici. Chaque objet draine une histoire : armoires sauvées de la banque BACOB, espaliers des poubelles transformés en cloison, comptoir et éclairages du Plan B attribués à Christophe Gevers, récupérés dans une autre banque encore. Et Rotor conserve le nom de chaque espace du temps des abattoirs ; des petites plaques discrètes annonçant "Salle abat des porcs", "Frigo 1", "Boyauderie" et autres joyeusetés qui signent l’âme du lieu.

Lab Expérimental

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Grande Halle © Julien Forthome

LAB EXPÉRIMENTAL

Le "Hall abat gros et petit bétail" emballe la salle de spectacle à gradins rétractables (max. 200 personnes), boîte noire bien insonorisée à vocation pluridisciplinaire – le mot est lancé –, dédiée à des résidences, des moments de monstrations variés. Au service bientôt, et pour la deuxième fois, d’une partie de la programmation des Beautés Soniques, grand moment musical de l’année, mais pas le seul, souligne Marylène Toussaint.

Pour lire la suite du portrait des Abattoirs de Bomel dans le magazine Larsen

Les Abattoirs de Bomel accueillent le Festival Beautés Soniques du 27 au 31 octobre

Larsen est le magazine de l'actualité musicale en Fédération Wallonie-Bruxelles. Edité par le Conseil de la Musique, il touche à tous les styles, du classique au contemporain en passant par le jazz, l’électro, le rock ou la chanson.

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