Le Festival Berlioz rend hommage aux années londoniennes du compositeur

Le Festival Berlioz 2017 se tiendra du 18 août au 3 septembre
Le Festival Berlioz 2017 se tiendra du 18 août au 3 septembre - © Courtesy of Festival Berlioz

Hector Berlioz y était une star, "bien plus qu'en France et bien avant la France". Le festival qui perpétue l'héritage du compositeur romantique prend cette année l'accent british pour évoquer une des périodes les plus exaltantes de sa vie: ses séjours à Londres.

"L'iconoclaste Berlioz, pas forcément compris en France, va trouver un public dans une Angleterre à la tradition culturelle plus libérale", explique à l'AFP l'organisateur du Festival Berlioz, Bruno Messina.

Entre 1847 et 1855, Berlioz se rend cinq fois à Londres. C'est l'époque de la première Exposition Universelle. Il y est notamment mandaté comme juré à l'initiative du ministère du Commerce pour y évaluer de nouveaux instruments. Il y découvre les premiers saxophones: "Ce sera l'instrument du siècle prochain", pronostique-t-il, visionnaire.

Il y sera aussi, bien sûr, convié comme chef d'orchestre.

Curiosité pour l'époque, Berlioz parlait anglais. Et dirigeait ses concerts à l'étranger dans cette langue. Il l'avait appris à raison de trois cours par semaine pour pouvoir lire Shakespeare dans le texte. Il avait aussi été éperdument amoureux d'une actrice irlandaise, qu'il finira par conquérir pour mieux l'abandonner.

M. Messina a recensé 70 citations de Shakespeare dans les mémoires du compositeur: la découverte du dramaturge anglais a été l'un des grands chocs de la vie du jeune provincial, coïncidant avec sa montée à Paris pour étudier la médecine.

Un Berlioz shakespearien

Toujours dans l'excès, Berlioz "avait rêvé d'une représentation à Londres de toutes ses œuvres en lien avec Shakespeare" (Roméo et Juliette, Béatrice et Bérénice, Tristia, La mort d'Ophélie, Lélio...), explique M. Messina.

Cela ne se fit pas pour des raisons financières mais le Festival Berlioz 2017 relève le gant avec le Jeune orchestre européen Hector Berlioz, placé sous la direction de François-Xavier Roth. Le spectacle sera entrecoupé de lectures de grands textes du Barde anglais par l'acteur shakespearien Daniel Mesguich, qui a par ailleurs interprété Berlioz à la télévision.

Le festival organise aussi un "Best of Berlioz" avec la jeune mezzo-soprano Adèle Charvet, qui pousse la gageure à n'avoir au programme... aucune œuvre de Berlioz.

Ce spectacle commémorera la série de concerts donnés par le compositeur français à l'Exeter Hall de Londres, avec un florilège de grands morceaux du répertoire que Berlioz avait alors dirigés.

Un de ces concerts donna lieu à un épisode cocasse puisque l'organisateur imposa comme pianiste Camille Pleyel, que Berlioz avait voulu assassiner après la rupture de leurs fiançailles. "Le concert fut saboté et l'affaire se termina devant les tribunaux", raconte M. Messina.

Le festival, qui a rassemblé l'an dernier 26.000 spectateurs, se tient du 18 août au 3 septembre à La Côte Saint-André, bourgade de l'Isère où le compositeur est né il y a 214 ans, et alentour.

Des saxos de Sax

Outre des œuvres de Berlioz, des spectacles de musique anglaise, baroque ou résolument contemporaine sont programmés. Comme chaque année, un grand spectacle populaire sera organisé dans un lieu d'exception: il se déroulera au château néogothique de Pupetières, construit par le célèbre architecte Viollet-le-Duc.

Parmi les formations invitées sont attendus l'Orchestre national des jeunes de Grande-Bretagne et l'Orchestre révolutionnaire et romantique de John Eliot Gardiner, le plus berliozien des chefs britanniques, présent au festival pour la quatrième année consécutive. L'Orchestre philharmonique de Radio France sera pour la première fois à l'affiche, avec la diva anglaise Christine Rice.

Pendant toute la durée du festival, le musée Berlioz de la ville en déclinera les principaux thèmes. On pourra ainsi y voir une trentaine d'instruments originaux de Sax ou le contrat signé par Berlioz pour son premier concert à Londres, prêté par... Sir John Eliot Gardiner.


AFP