La poésie d'Art Mengo au Whalll, un enchantement!

La poésie d’Art Mengo au Whalll, un enchantement!
La poésie d’Art Mengo au Whalll, un enchantement! - © Fabien Espinasse

Le chanteur et parolier toulousain est venu célébrer les chanteuses avec qui il a collaboré au cœur d’un concert intimiste et épuré. Délicieux!

Pointé en ce début d'année parmi nos concerts à ne pas manquer, Art Mengo est pour nous une image du temps qui passe en douceur, sans crier gare. Depuis ses quelques succès d’estime des années 90 ("Les parfums de sa vie", "La mer n’existe pas", "Parler d’Amour") jusqu’au magnifique album "La vie de château", qui nous harponna définitivement à sa délicate poésie, chaque pause en sa compagnie est une exquise bouffée poétique.

Discographiquement discret depuis bientôt six ans, il s’est offert une petite soirée acoustique à Bruxelles ce samedi, avant d’y entamer, dans les prochains jours, l’enregistrement de nouvelles chansons au studio ICP.

Une attention particulière est apportée à son travail pour d’autres. On le sait peu mais il a en effet écrit pour des artistes comme Henri Salvador, Florent Pagny ou encore Johnny Halliday. Mais, ce soir, c’est vers ses collaborations féminines qu’il nous propose de tendre l’oreille.

Pour l’occasion, il a pris dans ses bagages un contrebassiste et une chanteuse de chez nous, Julie Oz, qui proposa quelques interprétations plutôt réussies des chansons qu’il a écrites pour Maurane, Juliette Gréco, Jane Birkin, Ute Lemper ou encore Clarika.

Quel que soit le destinataire, on est à chaque fois touché par la sensibilité et la délicatesse de sa prose. Que ce soit pour évoquer l’aéropostale, qui a marqué sa région natale, ou les sublimes correspondances épistolaires de Kafka avec Milena, sa traductrice tchécoslovaque.  

L’ambiance du soir lui ressemble parfaitement, à la fois tendre, intime et espiègle à l’heure d’évoquer les facéties langagières de Nougaro ou l’extravagance de la mise en scène. "J’ai pris le metteur en scène de Jean Ferrat… celui de Barbara n’était malheureusement pas disponible!"

Bien sûr, ses "tubes" étaient au rendez-vous, au plus grand contentement du public, mais aussi "Ultramarine", "Bagatelle" ou encore "L’amour codé", comme autant de petites pépites dorées dont on continue de se délecter en attendant les futures petites sœurs dont la naissance est annoncée cette année, avec une belle tournée dans la foulée. Une perspective qui nous fait déjà saliver…

 

François Colinet