La géniale boîte à musique de Stephan Eicher au Cirque Royal

Stephan Eicher
Stephan Eicher - © Roch Armando

Après 30 ans de carrière, il surprend une nouvelle fois son public avec un spectacle solo entouré d’un orchestre mécanique. Brillant!

Réveil léger ce mardi matin à l’idée de découvrir à la nuit tombée la nouvelle idée délirante de Stephan Eicher, un des artistes les plus passionnants de la chanson francophone (ou plutôt franco-alémanique!) de ces 30 dernières années.

Ayant connu l’ivresse du succès massif au tournant des années 90 avec quelques tubes inoubliables ("Combien de temps", "Déjeuner en paix", " Pas d’ami (comme toi)", "Des hauts, des bas", etc) issus pour la plupart de deux albums magistraux ("Engelberg" et "Carcassonne"), il a trouvé le moyen de durer en prenant le temps de toujours se remettre en question. Souvent épaulé par son ami Philippe Djian, il a creusé le sillon de la qualité alors que la foule de ses fans s’amenuisait.

"L’envolée", son dernier album en date est d’ailleurs un pur chef-d’œuvre que nous avions élu album francophone de l’année 2012. A (re) découvrir d’urgence!

Formidable homme-orchestre!

Il y a du génie chez ce compositeur qui pour sa nouvelle tournée, est accompagné d’une dizaine d’automates, poussant à l’extrême la logique de la boite à musique. Piano, vibraphone, glockenspiel, orgue, mais aussi batterie et accordéon donnent tellement bien le change qu’on en oublie à plusieurs moments qu’aucun musicien ne les actionne. A la guitare ou au piano (qu’il apprend depuis peu), Eicher joue presque au "sparring partner" tellement ses machines sont harmonieuses. Il a rendu un vibrant hommage au travail minutieux du métronome qui a mis tout cela… en musique et qui était dans salle mardi soir.

Un spectacle simple mais hallucinant de précision et de fluidité, où la surprise est à presque à chaque fois au coin de la note. L’effet est saisissant !

Puis il reste évidemment un répertoire tellement doux à nos oreilles! En mode "Best of", cette formule lui donne un jouissif terrain de jeu pour réarranger ses tubes. On épinglera "Rivière", un "Déjeuner en paix" une nouvelle fois rhabillé avec brio, et un "pot-pourri" articulé autour d’un "Combien de temps" endiablé.

La magie de la musique et de la technique se sont parfaitement imbriquées pour offrir une soirée unique, servie par un Stephan Eicher plus affable et drôle que jamais. Trop court (une petite heure et demi) mais tellement bon qu'on ne lui en tiendra aucune rancune. Assurément un des concerts de l’année! A voir à Tournai le 5 février et à Soignies le 5 mars, courez!

François Colinet

 

En concert aux Maisons de la Culture de Tournai le 5 février et de Soignies le 5 mars 2016