La der de Dour d'oreille : Que La Famille

PNL
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PNL - © Emmanuelle Huynh

Après la performance bouillonnante de Roméo Elvis, c’est la dernière ligne droite du Dour Festival, direction la Last Arena pour le triangle d’or de ce dimanche soir avec Metronomy, PNL et Justice. 

 

Nous rejoignons la monumentale scène ouverte de Dour dans un flot de festivaliers fatigués sur les coups de vingt heures. Une demi-heure plus tard, ce sont les anglais de Metronomy qui enfourchent guitares, claviers et batterie. Joseph Mount et ses complices jouissent d’une belle notoriété depuis la sortie de “The English Riviera” en 2011 et le fameux morceau “The Look”. Depuis, Metronomy enchaîne les succès avec sa pop-electro instrumentale très axée sur les claviers et la hauteur de voix de Mount. Il y a un semblant de Bowie dans la musique presque galactique des britanniques, mais c’est un peu timide que nous retrouvons le groupe, sûrement impressionné par le nombre de spectateurs. S’ils parviennent à délivrer une jolie performance basée sur l’amour et la bonne humeur, on restera un peu sur notre faim en ce qui concerne l’énergie. Peut-être une prochaine fois ?

 

Le gros morceau de la soirée, c’était incontestablement la présence de PNL. Les deux frères de Corbeil-Essonnes, relativement discrets et mystérieux sont de passage en Belgique pour un concert unique. En s’approchant, nous apprenons que le devant de la scène est fermé aux photographes, on comprendra plus tard qu’ils réservent cette partie à “la famille”, tous leurs amis de la cité qu’ils ne cessent de mettre en avant, d’où le sigle QLF (“Que La Famille”). Le public est très jeune aux abords des barrières et certains attendent depuis plus de trois heures parce que : “PNL c’est la base”. Ademos et N.O.S. arrivent enfin devant une foule en délire totale, ils enchaînent les clopes et les pétards au fil des chansons, que tous connaissent par coeur. Malgré des paroles souvent violentes et crues, émane de leur attitude un calme olympien et beaucoup de douceur, PNL veut dire Peace N’Lovès et on sait pourquoi. Le comportement des deux frères tranche véritablement de la prétention de certains rappeurs, adeptes de la retenu, ils ne sont pas là pour se donner en spectacle mais sont là pour faire plaisir aux fans. En restant humbles face au succès, PNL réussit pour le moment à rester qui ils sont. Ils feront même monter sur scène une vingtaine de leurs potes radieux, ajoutant à l’ambiance fraternelle. Ces gars savent d’où ils viennent et ne l’oublient pas.

 

Justice, c’est le duo de musique électronique français incontournable du début des années 2000. Le dernier album Woman, sorti l’année passée nous avait un peu laissé de marbre mais les voir en live, c’est un peu la croix et la bannière alors autant profiter (on se souvient de leur passage au fuse à Bruxelles il y a quelques mois, où des heures de file serpentaient la rue Blaes). Avec une scénographie et une sono qui envoient du lourd, Gaspard Augé et Xavier de Rosnay assurent une performance digne d’une clôture. Ce sont les tympans percés que nous regagnons nos hospices, Dour c'est la fin, dure est la fin.