L'esprit malin de YÔKAÏ

L’esprit malin de YÔKAÏ
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L’esprit malin de YÔKAÏ - © Olivier Donnet

Après plusieurs apparitions ici et là, le jeune groupe bruxellois à la croisée des genres se dévoilait à un plus grand public lors de cette soirée du 22 juin au Parc du Cinquantenaire dans le cadre de la Fête de la Musique.

 

Créatures fantomatiques surnaturelles parfois malfaisantes, les yôkaï font partie intégrante du folklore du Japon et illustrent les tracas du quotidien, comme de petits êtres agaçants. La musique du groupe bruxellois pourrait se rapprocher du caractère de ces créatures dans son aspect inquiétant, empruntant au rock psychédélique ou à un post-jazz embrassant les influences. Ce qui est sûr avec cette formation, c’est qu’elle parvient à produire des sonorités totalement exaltantes, tantôt teintées d’Orient, tantôt roulant comme un whisky sur un zinc, jazzy-new yorkaises, tantôt sèches et rock. 

 

La particularité de YÔKAÏ, c’est que le groupe réussit à produire une ambiance propre et indéfinissable grâce à la maîtrise indéniable de chaque musicien. Côté instrument, la formation en compte un bon nombre : deux batteries et percussions, deux claviers, deux cuivres, une guitare électrique et une guitare basse. Chacun conférant sa puissance et sa rythmique dans un grand rassemblement harmonieux aux couleurs musicales diverses.

La comète

 

Créé en 2011 par Yannick Dupont lors d’une expérience au Recyclart, YÔKAÏ a depuis roulé sa bosse dans des salles tremplins comme le Chat-Pitre, l’Atelier 210, le Bonnefoi, le Café Central, le BRASS et le Botanique. En janvier dernier, le groupe a été une des sensations du Festival Propulse qui donne à voir les nouveaux talents belges.

 

Il n’est jamais vraiment aisé de se rendre compte de la portée d’une performance dans des événements comme La Fête de la Musique. Parce que le public en masse, parce que la qualité sonore pas toujours au top, parce qu’une ambiance festival sans en être. On pourrait aussi renverser la balance en disant que finalement, c’est dans ce genre de disposition que les groupes montrent ce qu’ils valent réellement. Une chose est sûre, YÔKAÏ a assuré son show sans en faire trop et a marqué de son empreinte cette chaude soirée au Parc du Cinquantenaire, quelque part entre le soleil irisé et la “golden hour”. On ne peut que conseiller de retourner les voir en concert dans de meilleures conditions pour ceux qui ont accroché à cet assemblage sonore cuivré aux touches psychédéliques qui mérite un peu d’immersion. 

 

Album : “Plutonia”

Sorti le 8 février 2019 chez Humpty Dumpty Records

 

YÔKAI sur : Facebook, Bandcamp