Julien Doré : « La musique me permet d'être animal, instinctif ! »

5 images
- © rtbf

Près d'un an après la sortie de « Bichon », Julien Doré continue à parcourir les routes pour défendre ce deuxième album avec fougue et énergie. En 5 ans de notoriété, il a réussi à imposer sa vision décalée du métier de chanteur et ne refuse aucun plaisir.



Rencontre avec un homme charmant qui revient en Belgique en mars, le 14 à Bruxelles et le 15 à Liège.



Julien Doré fait partie de ces artistes intrigants, que nous avons un peu découvert à reculons. Nous méfiant par nature des « vedettes » crées par des télé-crochets modernes, nous avons mis du temps à prêter une oreille attentive à son répertoire. Nous avouons aujourd'hui notre erreur sans gêne. Au même titre que Christophe Willem ou Camélia Jordana (notre chouchoute!), il fait en effet partie des quelques vrais personnalités artistiques révélées par « La Nouvelle Star », concours qu'il a remporté en 2007. Un talent qui trouve toute sa mesure sur scène comme il nous le confie en début d'entretien.

Un spectacle doit trouver son propre équilibre entre précision de la mise en scène et liberté du moment. Comment gérez-vous cette ligne de tension ?

Julien Doré : Le spectacle est très construit. Le disque est sorti en avril 2011. J'ai donc eu pas mal de temps pour y réfléchir et proposer quelque chose de très construit. Je me suis occupé de la mise en scène. Il y a plusieurs tableaux, c'est finalement assez précis. La scène doit permettre de redécouvrir les chansons autrement sinon cela n'a pas d'intérêt. Cet espace nous permet de jouer avec d'autres formes d'art : la lumière, les décors, les projection, les cascades... Histoire de vivre une autre expérience. On joue, on change de rôle, les musiciens et moi on s'éclate. L’important, c'est l'énergie et la sincérité.

On a malheureusement raté votre premier concert belge mais vous serez bientôt de retour en Belgique pour deux concerts très attendus...

Julien Doré : Oui. La tournée à commencé en octobre. On est vraiment très content de l'accueil du public. Comme d'habitude, chaque passage en Belgique est spécial. On a fait une date en novembre et je dois avouer que ce que j'ai reçu des gens comme émotions ce soir là, c'était unique. Tout le monde le dit mais ce n'est pas de ma faute si cela se vérifie à chaque fois ! On a hâte de rejouer à Bruxelles et Liège. On va de nouveau être complètement trempés à la fin.. !

Vous avez trouvé en Belgique des partenaires artistiques à travers la structure WAF. Comment cette collaboration est-elle née ?

Julien Doré : On s'est rencontré tout naturellement. Ils faisaient des interviews des artistes de passage en Belgique et on a rapidement compris que le flux passait entre nous. J'aime leur façon de travailler. Ils ont fait des choses superbes avec mes clips. En fait, on parle la même langue. J'aime la façon dont ils arrivent à me mettre en valeur.



« Bichon » est un album complexe, qui propose des ambiances très contrastées et qui débute par une lettre récitée. Dérouter les oreilles du public reste une de vos balises essentielles dans la création?

Julien Doré : La chanson Baie des anges est une lettre ouverte. Cela me paraissait naturel de la lire plutôt que de la chanter. C'est un message en intro. Si cela déroute les gens, tant mieux. Être artiste pour moi, c'est d'abord proposer quelque chose qui fait réagir. Il n'y a rien de pire que de laisser indifférent. Mais souvent, on me prête des intentions que je n'ai jamais eues. Je travaille sur mes chansons avec mon humeur du jour. Elles naissent progressivement puis prennent place sur un disque. Entre le moment où elle passent dans ma tête et le moment où les gens les écoutent, il s'est souvent passé un an ou même deux. Entre temps, j'ai continué mon chemin, je les comprends autrement et les interprète sur scène en essayant de les habiller d'un jour nouveau. C'est marrant de voir tout ce que les gens trouvent comme significations. Ce sont souvent des choses auxquelles je n'ai absolument jamais pensé. Mon plus grand plaisir, c'est de voir un enfant de 5 ou 6 ans prendre du plaisir à écouter ma musique ou regarder mes clips parce que lui ne se posera pas des tonnes de questions, il profite et c'est tout!

Sur cet album, vous vous permettez aussi quelques rencontres inattendues comme des duos avec Françoise Hardy, avec Katerine ou même quelques notes d'accordéon d'Yvette Horner. Le public ne risque-t-il pas de trouver ces associations incongrues ?

Julien Doré : Si c'est le cas, ce n'est pas grave. Chacun se fait une image d'un artiste. Je ne maîtrise pas ça et je m'en fiche. J'ai fait ce que j'aimais sur ce disque. Pourquoi Julien Doré ne pourrait-il pas faire appel à Yvette Horner sur son disque ? Parce qu'il a fait les beaux-arts ? Parce qu'il a gagné « la Nouvelle Star » ? Je sais qu'on ne peut pas éviter ces réactions de type « étiquette » mais je m'interdis d'y faire attention. Au contraire, la musique me permet de me libérer, d'être animal, instinctif. Je suis justement très heureux de cette liberté qui me permets de travailler aussi bien avec mon pote Arman Mélies qu'avec Katerine ou Dominique A par exemple. La chanson L'été summer qu'il a écrite est d'ailleurs jouissive à jouer sur scène. Vous viendrez nous voir en mars hein ?!

Entretien : François Colinet

En concert le 14 mars à l'Ancienne Belgique et le 15 mars au Forum de Liège

Julien Doré "Bichon" (Epic / Sony)