José Gonzalez, la douceur incarnée

Le show épuré et splendide de José Gonzalez
Le show épuré et splendide de José Gonzalez - © © RTBF – David Salomonowicz - 2015

Auteur d'un splendide nouvel album, le chanteur suédois à la voix d'or est venu enchanter le Cirque Royal de ses ritournelles poétiques. Verdict.

La soirée s'ouvre d'abord par une autre barde venue de Scandinavie, Ólöf Arnalds, cousine d'Ólafur pour les plus avertis de la scène islandaise et qui, accompagnée d'un sage guitariste, a proposé plusieurs pistes de sa discographie dont quelques extraits de Palme, son dernier opus en date. C'est doux et pur à l'image de ce que nous réserve José Gonzalez né à Göteborg de parents argentins et qui en solo ou via des projets parallèles (Junip, Zero 7) a installé un son fait de caresses auditives et de textes emplis de poésie.

Le début de son set est carré, un rien poussif avec un mélange de chansons de Vestiges & Claws, son superbe dernier album sorti en février et de titres plus anciens. Il faut donc attendre quelques morceaux et le "tube" Heartbeats, géniale reprise de The Knife (d'autres suédois géniaux qui ont malheureusement splitté il y a peu) pour que le diesel Gonzalez prenne sa pleine amplitude. Une fois ce cap passé, la machine à sensations fortes sera définitivement lancée avec des titres lumineux comme With The Ink Of A Ghost, le plus remuant Down The Line et la cover majestueuse de Teardrops de Massive Attack.

Accompagné d'excellents musiciens (superbe deuxième guitare, des percussions quasi tribales), on se surprend même à reconnaître parmi eux l'Anglais James Mathe alias Barbarossa auteur d'un splendide album voici 2 ans (et qui revient en mai avec Imager) et qui est un contrepoids parfait à la voix de Gonzalez. Le rappel sera superbe avec une reprise du Velvet Underground (I'll Be Your Mirror) en duo avec Ólöf Arnalds suivi par ses deux singles en date Every Age et Leaf Off The Cave.

Une imagerie de montagnes apaisante, des lumières douces, de la pureté vocale, bref de l'apesanteur. Superbe.

David Salomonowicz