James Vincent Mc Morrow au Cirque Royal : Un funambule haut-perché

La magnifique scénographie de James Vincent Mc Morrow
La magnifique scénographie de James Vincent Mc Morrow - © © RTBF – David Salomonowicz - 2014

Venu défendre son deuxième album à Bruxelles, l'Irlandais a enchanté son public de sa voix tellement haute qu'elle se heurte par instants aux nuages. Verdict d'une promenade en altitude.

 

James Vincent Mc Morrow fait partie de ces artistes pour lesquels on est partagés entre l'envie d'en parler à la terre entière et celle de se le garder rien que pour soi. Immense talent assez méconnu par chez nous, l'Irlandais avait déjà montré un énorme potentiel dans son premier effort studio Early In The Morning et a encore grimpé d'un échelon avec le second intitulé Post Tropical sorti en tout début d'année.

Et il sera encore question d'ascension lors de sa prestation d'hier soir au Cirque Royal où il ouvre son set avec The Lakes superbe entrée en matière au ras du sol et dès Glacier et son piano sublime, on grimpe dans les hauteurs grâce à sa voix de falsetto totalement maîtrisée. Le premier climax se nommera Red Dust enivrant premier single du dernier album. Le suivant aura lieu quand il interprètera seul au piano Higher Love par lequel il nous était apparu voici 3 ans

L'homme n'est pas des plus communicatifs, mais sa musique parle pour lui et quand il ose nous adresser la parole, on découvre un humour britishement caustique. Le décorum subtil lui aussi fait de tipis fluorescents magnifie encore l'impression sensorielle que nous procure le chanteur encadré de musiciens chevronnés aux instruments multiples (clarinette, mandoline,...). On se surprend à découvrir le chanteur dans un registre plus nerveux dans lequel sa voix oscille entre celle d'un ben Harper et celle d'un Stevie Wonder. Surprenant organe.

Mais l'homme n'a pas son pareil et flirte surtout avec les cimes lorsque le tempo se fait plus lent et sa voix plus aigue. Quelle tendresse il nous offre avec Look Out , Gold et Cavalier. Ou pire encore en rappel lorsque sans micro, dans un Cirque Royal où même les mouches n'osent plus voler de peur de déranger l'artiste, il entonne un And if my heart should somehow stop d'anthologie avant d'aller, histoire de montrer toute l'étendue de sa palette, vers des rythmiques plus numériques avec When I leave et If I had a Boat. 

Un artiste complet qui a livré 1 heure 45 de concert où l'on a absolument pas vu le temps passer ni l'oxygène nous manquer malgré l'altitude. Juste splendide...  

 

 

David Salomonowicz