Iron & Wine à l'AB: délicieux caméléon!

Iron & Wine à l’AB : délicieux caméléon!
Iron & Wine à l’AB : délicieux caméléon! - © Droits réservés

Ce lundi, Sam Beam s’est, une nouvelle fois, réinventé pour une foule aussi attentive qu’enthousiaste. Un moment précieux !

Les années passent, les tournées aussi, avec à chaque fois les mêmes profondes émotions que l’on essaie de traduire en mots pour vous les faire partager. Nous avons eu, ce lundi, une démonstration de plus du talent et de la finesse de Sam Beam, cœur battant d’Iron & Wine, qui varie les formules pour explorer toujours d’autres horizons.

Sa voix nous porte, nous soulage et nous énergise comme personne depuis maintenant près de 15 ans, comme un baume qui soigne les écorchures du quotidien. A chaque fois, il surprend. Guitares électriques ou acoustiques, aventure de groupe ou en solitaire, il a multiplié les collaborations, avec Calexico ou  Ben Bridwell, entre autres. On l’avait quitté en septembre 2016, enchanté par sa tournée en duo avec la charmante Jesca Hoop. Cet homme est plein de ressources et d’envies!

On le retrouve ici entouré de quatre sacrés musiciens, par ailleurs excellents choristes, pour une soirée plutôt intime, dominée par les cordes et les percussions. Un violoncelliste et un contrebassiste aux notes très élégantes, accompagnés d’une pianiste et d’une batteuse, fabuleuse, avec une série de breloques pour varier les ambiances.

Son merveilleux dernier album "Beast Epic",  en bonne place dans notre Top anglophone 2017, se partageait le programme avec des morceaux plus anciens, parfois exhumés des premiers disques comme "Bird Stealing Bread". A chaque fois, il les change, les habille, les présente d’une nouvelle manière, si bien que, même en les connaissant par cœur, on peine parfois à les reconnaitre. Quel plaisir de se laisser surprendre, puis emporter par les quelques morceaux sur lesquels ils se lancent tous les cinq dans de jolies envolées. Au point de ne pas repérer à quel point elles sont, ou non, improvisées. On pense notamment au magnifique enchainement entre l’ancien "Passing Afternoon" et le nouveau "Call it dreaming". Ou à la magnifique interprétation de "House by the sea", qu’ils semblaient vouloir prolonger à l’infini.

En fan insatiable, on ressort de cette heure et demie, frustré de ne pas avoir entendu quelques-unes de ses chansons emblématiques ("Naked as we came", "Cinder & smoke", "Ressurection fern" entre autres). Mais ce goût de trop peu illustre bien qu’une fois encore, le moment fut exquis! Replongeons dans sa foisonnante discographie, en attendant d’être à nouveau transporté la prochaine fois…

 

François Colinet