Interview de Balthazar

Thin Walls, 3ème album pour les Courtraisiens de Balthazar.
Thin Walls, 3ème album pour les Courtraisiens de Balthazar. - © @Alex Salinas

Après le succès retentissant de leur second opus et une tournée marathon qui les a consacrés comme notre meilleur porte-parole noir-jaune-rouge, les Courtraisiens sont de retour avec Thin Walls. Rencontre avec les 2 frontmen Maarten Devoldere et Jinte Deprez pour nous parler de la genèse de celui-ci.

L’album a été écrit durant la tournée pour l’album Rats, il y a même eu le morceau Leipzig qui a servi d’entre-deux et dont le clip est illustré par des moments de scène. Avez-vous voulu faire de Thin Walls une sorte de carnet de route ?

Ce n’est pas tellement que ça parle de la vie sur la route, mais on ressort à peine d’une énorme tournée donc c’est normal que les morceaux qu’on a écrits durant cette période en soient imprégnée. Mais ce n’est certainement pas un carnet de tournée. Aucunement. On avait envie d’écrire et on a fait un essai avec le titre Leipzig qui était la ville où on était à ce moment-là. Après, on s’est fixé comme objectif d’écrire un morceau par jour, comme un défi, et ce travail de démo est devenu la base de notre nouvel album.

 

On dirait aussi que la tracklist de l’album a été pensée comme un concert du groupe, avec des morceaux plus classiques au début avant des morceaux plus rock au milieu et un final presque en référence à votre premier album Applause.

C’est vrai, on l’a pensé comme un voyage à travers toutes les composantes de notre musique et cet ordre est sans doute encore une conséquence de plus de l’avoir écrit sur la route.

 

Vous avez donc été dans plein de festivals, croisé plein d’artistes, entendu plein de musiques différentes. Du coup avez-vous été influencés par toutes ces nouvelles découvertes ?

On a pas de nom comme ça à mettre en avant, mais c'est sûr qu'on a adoré plein de groupes et d'artistes qu'on a croisés. De manière globale, on est influencés par Elvis Presley ou par d’autres chanteurs des années 60 qui avaient une écriture très directe, pleine d’honnêteté et sans calcul. Et en même temps, on aime aussi des choses très modernes et très produites comme du Kanye West ou le dernier Beyoncé. Il y a du bon dans les 2.

 

La deuxième moitié de l’album est en effet très marquée par du rock rétro et c’est une première dans votre discographie.

On voulait c'est vrai aller vers une écriture un peu plus intuitive et on adorait ce qu’avaient pu faire des groupes comme les Stooges ou les Stones, avec des albums plein de caractère, plein d’attitude. Donc on a pas forcément voulu faire du rétro. On est Balthazar, un groupe de 2015, conscient de ce qu'on est, mais on a essayé de s’inspirer de certains éléments de cette musique de l’époque. Par contre, par rapport à nos 2 premiers albums, on était beaucoup moins dans le calcul de ce que devrait être le son Balthazar, on y a été de manière beaucoup plus intuitive et ça a donné ces chansons un peu plus brutes.

 

Bizarrement, j’ai cru entendre des influences asiatiques sur plusieurs morceaux comme Decency et Dirty Love ?

Non c’est le cas. Ça vient d’un joueur de violon égyptien qu’on a un jour vu jouer en rue et dont l’instrument déraillait complètement. On a essayé de recréer cette distorsion parce que ça donnait bizarrement une vraie couleur, assez originale qu’on essaye d’incorporer depuis nos débuts.

 

Il y a enfin eu le travail avec le producteur anglais Ben Hillier. Quel a été votre rapport avec lui ?

Excellent ! Après les 2 premiers opus pour lesquels on avait vraiment cherché un son à nous, on voulait embarquer quelqu’un d’autre avec nous pour lui laisser apporter sa vision et quant à nous, moins se préoccuper des aspects techniques ou de production. On adorait ce qu’il avait fait avec Blur sur Think Tank et savoir que ce gars était fan de nos 2 premiers albums nous a permis de partir en confiance totale et de beaucoup discuter avec lui de ce à quoi on voulait arriver.

 

"Thin Walls" - Pias - sortie le 30 mars, aux Nuits Bota le 14 mai (Complet) le 26 juin à Rock Werchter et le 12 juillet aux Ardentes.

 

David Salomonowicz