Il y a 70 ans s'éteignait le pianiste belge Clément Doucet

Né à Bruxelles en 1894, Clément Doucet décède le 15 octobre 1950. Connu pour son duo avec Jean Wiéner au cabaret Le bœuf sur le toit, lieu de rassemblement de Jean Cocteau, Darius Milhaud, mais aussi Picasso, Stravinski… Clément Doucet sera également célèbre pour avoir fait swinguer Wagner et Chopin.

Fils du valet de chambre du roi Léopold II, Clément Doucet voit le jour à Bruxelles en 1895. Talentueux au piano, il intègre le Conservatoire de Bruxelles auprès du pianiste Arthur De Greef, élève de Franz Liszt. Clément joue d’instinct, Bach, Mozart, Chopin, Grieg ou Debussy, des valses et des polkas des deux Johann Strauss, des airs d’opérettes d’Offenbach et de Lehar ou des marches militaires. Excédé par ses cours, il part à Anvers où il est engagé pour jouer du piano sur un cargo mixte. Il découvre la liberté de jouer en toute liberté, les boissons alcoolisées et les kilos qui vont avec. Lors d’une traversée entre les Etats-Unis et l’Europe, Doucet rencontre le facteur d’orgue Georges Cloetens, inventeur de l’Orphéal (une combinaison du piano, de l'orgue et de l'harmonium). Il en sera le démonstrateur à Paris, faisant à cette occasion la connaissance de Jean Wiéner. Pendant 15 ans, il se produira plus de 2 000 fois en public avec lui et devient connu grâce aux concerts qu'ils donnent tous deux au cabaret Le Boeuf sur le toit où ils interprètent aussi bien le répertoire de Beethoven ou Francis Poulenc que celui de la chanteuse Yvonne George ou des frères Gershwin.

Un tandem pour exécuter des concerts de musique "salade"

Dans son livre, Allegro appassionato (Fayard, 2012), Jean Wiéner se souvient de Clément Doucet en ces termes : "Dès la minute où nous posâmes nos quatre mains sur deux pianos, il se produisit un espèce de miracle : il y avait entre deux hommes, absolument différents l’un de l’autre, une harmonie, une intimité inexplicables ; aussi peu cérébral qu’il fût, Doucet s’en apercevait et il nous arrivait, parfois d’en rire d’un piano à l’autre. / Je pense que ce phénomène n’a pu se produire ailleurs que dans le cas d’embrassement entre deux être qui se rencontrent, par hasard, un jour, une nuit, et qui, peut-être, eux, ne se reverront jamais."

Marc Danval évoquait la carrière de Clément Doucet dans son émission "La Troisième Oreille" sur La Première.

Lorsque la Seconde Guerre mondiale éclate, Clément Doucet revient à Bruxelles dans l’anonymat. Il se perd dans l’alcool et meurt le 15 octobre 1950, seul, dans un hôpital de Bruxelles. Certains de ses arrangements sont encore joués aujourd'hui, par exemple "Chopinata", un hommage de jazz à plusieurs œuvres de Frédéric Chopin. 

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