Il y a 100 ans naissait le batteur Jo Jones

Plutôt expressif dans son jeu, dansant avec sa batterie, Jo Jones est considéré par certains comme le père de la batterie moderne. Son swing, sa légèreté, mais aussi son caractère bien trempé font de lui un personnage incontournable dans l’histoire du jazz.

 

"Papa" Jones

C’est le 7 octobre 1911 que le petit Jonathan Jones voit le jour à Chicago. Victime de graves brulures à l’âge de 5 ans, il reçoit à l’hôpital un ukulélé de la part de son papa, ce sera son premier instrument. Quelques temps plus tard, sa tante l’emmène au cirque. Jonathan est alors fasciné par la grosse caisse de l’orchestre. On lui offre alors une caisse claire avec laquelle il anime son quartier. Multi-instrumentiste, danseur de claquette, "Papa" Jones comme on le surnommait, va ensuite faire une grande partie de sa carrière dans l’orchestre de Count Basie pendant près de 15 ans.

Marc Danval évoquait Jo Jones dans son émission "La Troisième Oreille" sur La Première.

 

En 1947, Jones participe à la première tournée du Jazz At The Philarmonic et 10 ans plus tard, rencontre le pianiste Ray Bryant et son frère contrebassiste Tommy Bryant avec qui ils formeront The Jo Jones Trio. Il enregistre avec de nombreuses vedettes de l’époque, de Lester Young à Coleman Hawkins en passant par Illinois Jacquet ou Billie Holiday.

J’ai enterré Lester, j’ai fermé le cercueil de Billie.

"J’habitais à côté de Billie Holiday. Elle avait un grand pichet d’eau, un petit chien, du gin, de la nourriture, et elle écrivait son livre… Aujourd’hui, tout le monde parle de Billie et dit qu’elle était droguée. Ce n’est pourtant pas de ça qu’elle est morte. De même, tout le monde me parle de Charlie Parker. Il ne prenait rien, pas même de l’aspirine. En fait il avait des ulcères." (Jazz Magazine N°168 de 1969).

Le jet de cymbale

Connu pour son solide caractère, l'Histoire raconte que Jo Jones aurait envoyé une cymbale aux pieds du jeune Charlie Parker lors d'une session d'improvisation. Ce dernier ayant fait une multitude d'erreurs durant la Jam session qui énerva Jo Jones. Charlie Parker s'enfuit sous les rires du public et l'humiliation. Cette anecdote est d'ailleurs reprise dans le film "Bird" de Clint Eastwood sorti en 1988.

 

Jo Jones a également effectué une longue tournée en Europe en 1969 avec l'un des organistes les plus talentueux de son époque, Milt Buckner. Dans "Buck & Jo" des sessions produites par Louis et Hugues Panassié entre 1971 et 1974, l’immense batteur Jo Jones retrouve Milt Buckner, légende lui aussi de l’histoire du jazz, qui en est pour beaucoup dans la popularisation de l’orgue Hammond dès les années 1950. La complicité des deux musiciens se fait sentir dès la première note.

 

L'hommage de Max Roach

Jo Jones était connu pour avoir développé l’utilisation des cymbales dans son jeu de batterie. En 1992, avec un simple charleston, le batteur Max Roach rend hommage à Jo Jones et à sa technique au festival de Newport. Max Roach que Jo Jones a bien connu et aidé : "C'est à nous d'aider les jeunes. Max Roach, Je l'ai emmené dans une salle de gymnastique. Et Miles Davis ? C'est moi qui ai construit son gymnase". Jo Jones décède le 3 septembre 1985 à New York.

 

Écoutez Musiq3 Jazz

Ecoutez Musiq3 Jazz