"Idomeneo" à l'Opéra de Lille, expérience initiatique

"Idomeneo" à l'Opéra de Lille, expérience initiatique
"Idomeneo" à l'Opéra de Lille, expérience initiatique - © ©S.Palazov/shutterstock.com

L'Opéra de Lille s'attaque pour sa rentrée 2015 à l'un des premiers grands opéras de Mozart, "Idomeneo", que le prodige autrichien composa à l'âge de 25 ans, expérience initiatique oscillant entre le merveilleux et l'intime.

Longtemps considéré comme mineur, "Idomeneo" revient comme une oeuvre de référence: nouvelles productions à Montpellier à Noël, à Lyon en cette rentrée 2015, l'opéra de Mozart envahit les scènes.

A Lille, Emmanuelle Haïm, son orchestre des Concerts d'Astrée, et le metteur en scène Jean-Yves Ruf veulent embarquer le spectateur dans une "expérience initiatique".

Initiatique par son histoire, celle d'un père, Idoménée, roi de Crète, qui promet à Neptune la vie de la première personne croisée sur la terre ferme pour réchapper à une tempête lors de son retour de la guerre. Or cette première personne, c'est son fils Idamante, qu'il n'a pas vu depuis des années mais qu'il bannit de crainte de devoir tenir sa promesse. Le reste est histoire de sacrifice, car il faudra malgré tout apaiser la colère de Neptune: qui d'Idamante, Idoménée, ou même Ilia, amoureuse discrète du prince, devra donner sa vie pour sauver le peuple d'un monstre marin?

Expérience initiatique aussi pour Mozart qui à 25 ans, est en train de "tuer le père (Haëndel) en poussant la forme de l'opera seria jusqu'à son point de rupture", selon Jean-Yves Ruf.

"On sent qu'il rue dans les brancards, qu'il ose beaucoup, qu'il est dans une recherche d'identité", explique le metteur en scène.

"Les défauts du livret en font sa beauté. Il hésite entre plusieurs dimensions: le merveilleux et le plutôt intérieur", dit encore Jean-Yves Ruf. C'est ce deuxième aspect que le metteur en scène a souhaité privilégier.

Donnant l'impression presque d'un huis-clos: "Il faut que les chanteurs ne relâchent jamais leur attention", souligne de son côté Emmanuelle Haïm.

La correspondance de Mozart avec son livrettiste montre qu'il s'inquiétait que ses chanteurs n'étaient pas assez bons comédiens pour une trame aussi dramatique, et le compositeur retoucha son opéra en conséquence, rappelle la chef d'orchestre.

Voilà comment Mozart chercha le bon équilibre entre les vents et les cordes, mais aussi entre les chants du père et du fils qui se répondent, "l'une des musiques les plus belles de l'opéra", selon Emmanuelle Haïm.

C'est le ténor croate Kresimir Spicer, révélé sous la direction de William Christie, qui s'attèle au rôle d'Idoménée. Patrizia Ciofi, habituée des salles internationales, est Electre. La nouvelle génération monte en scène pour interpréter Ilia (Rosa Feola, pour la première fois en France) et Idamante (Rachel Frankel, mozartienne reconnue).

 

("Idomeneo" se joue du 27 janvier au 6 février à l'Opéra de Lille)

 

AFP Relax News

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