Ibeyi, la classe naturelle

Les sœurs Ibeyi à l'AB Club
Les sœurs Ibeyi à l'AB Club - © © RTBF – David Salomonowicz - 2015

De passage hier soir à l'Ancienne Belgique, les sœurs jumelles franco-cubaines ont justifié leur réputation grandissante avec une prestation plus que convaincante. Verdict.

 

La soirée s'annonçait dense avec la présence simultanément au Boulevard Anspach de la londonienne FKA Twigs et des sœurs Ibeyi, révélations de ce début d'année 2015. Or, nous n'avons finalement pas dû nous dédoubler car l'Anglaise a été bloquée dans un train et a dû, la mort dans l'âme, annuler sa date bruxelloise. Du coup, on s'est concentré sur l'AB Club où Le Colisée, en version solo, a chauffé la colle avant les jeunes femmes dans une première partie où il s'est (beaucoup, un peu trop?) promené dans le public et a repris (avec groove) Un Homme Heureux de William Sheller.

Sur le coup de 21 heures, les sœurs Diaz entrent en scène. Dans la pénombre de la salle, d'emblée, leur sourire est lumineux et ultra-communicatif. Un vent de fraîcheur printanier cumulé avec une première rafale vocale de Lisa-Kaindé, tignasse de lionne en accord avec son rugissement de velours. Une voix qui fendrait la glace et qui sort avec une facilité déconcertante. Naomi lui embraie par instants le pas en superposant sa voix et donne surtout le rythme via le cajón, cette géniale percussion cubaine héritée de leur père, feu-membre du Buena Vista Social Club.

Elles se promènent à travers leur excellent album éponyme en ouvrant par Ghosts et en poursuivant avec leurs autres hymnes que sont River et Oya. Elles entrelacent également leur set de petites histoires sur les jumelles ou sur les anges-gardiens (Weatherman) et reprennent le sublime Better in Tune With the Infinite de Jay Electronica. Du haut de leurs 20 ans, elles ont (déjà) réussi le difficile mélange entre classe et authenticité, professionnalisme et naturel. La jolie claque que l'on se reprendra avec plaisir lors des prochaines Nuits Bota (17/5).  

 

 

David Salomonowicz