Ibeyi à l'AB : l'art de percuter !

Ibeyi à l’AB : l’art de percuter !
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Ibeyi à l’AB : l’art de percuter ! - © Flavien Prioreau

Passées en sept mois à peine du Club à la grande salle, les jumelles Diaz ont ensorcelé l’Ancienne Belgique ce vendredi soir.

Complices, complémentaires et talentueuses, voici trois caractéristiques essentielles qui expliquent en grande partie le fulgurant succès d’Ibeyi. Avec sous le bras un album éponyme envoutant et efficace, construit autour d’un sens du rythme inné et servi par un charme naturel époustouflant, parfaite carte de visite pour atteindre les sommets.

Fille de l’orage et de la mer, selon les " Orichas ", dieux yoruba " importés " à Cuba par les esclaves en provenance du Bénin et du Nigeria, Lisa et Naomi mixent leurs origines franco-cubaines aux sons les plus actuels. La recette est simple : bâtir des chansons à partir de la rythmique et de l’un des instruments les plus percutants : le Cajon.

Jumelles au naturel

Percutantes, elles le furent à plus d’un titre. Par leur aisance a cappella. Par l’alchimie immédiate entre le clavier de Lisa et les pulsions de Naomi, qui s’imbriquent de façon tellement naturelle. Par leurs mouvements corporels instinctifs à rendre jaloux tout ceux pour qui la danse est un effort. Et par leur présence scénique, bien plus convaincante que lors de leur dernier passage bruxellois au Botanique en mai dernier. Elles ont pris de la bouteille, et cela se voit ! La douceur de Lisa n’a d’égale que sa voix tandis que Naomi est toujours première pour haranguer la foule.

Elles passeront en revue les tubes de leur premier album : " Ghosts ", " Mama says " et bien sûr " River ", repris une deuxième fois en rappel et chanté par une foule qui en demande encore. Mais le concert fut aussi l’occasion de découvrir quelques nouvelles compositions et de réentendre leur chouette reprise de " Better in Tune With the Infinite " de Jay Electronica. Mention spéciale aussi pour un " Oya ", plus planant que jamais, qui nous émeut toujours autant malgré de multiples écoutes.

Une recette simple donc mais qui séduit d’emblée. Parce qu’elle vous fait bouger sans y réfléchir et vous enveloppe d’une chaleur qui fait un bien fou ! Longue vie à Ibeyi…

François Colinet

Ibeyi, "Ibeyi" (XL Records)