Ialma, ambassadrices de la culture galicienne depuis 10 ans

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Depuis 10 ans, le groupe Ialma nous permet de découvrir les beautés de la musique galicienne.



Au départ il y avait 5 voix A Capella et quelques tambourins. Au fil des albums leur univers musical a évolué en faisant appel à la fine fleur belge en matière de musique traditionnelle. Pour fêter cet anniversaire, elles sortent leur quatrième album Simbiose qui rend hommage à 10 artistes galiciens toutes disciplines confondues. Un album sensible et audacieux qu'elles présenteront ce samedi 26 février en Centre Culturel de Woluwé Saint-Pierre, à Bruxelles

En ouvrant le livret qui accompagne Simbiose on remarque tout de suite que la démarche de Ialma dépasse largement la sphère musicale.

C'est en ambassadrices de la culture galicienne qu'elles ont souhaité réfléchir et réaliser ce projet comme l'explique Veronica: «  C'est avant tout un album conçu pour la scène dédié à 10 artistes galiciens (danse, gastronomie, cinéma, stylisme...). On a voulu mettre en avant des gens qui sont proches de nous et qui nous ont aidés à évoluer. On voulait montrer ce que représente la Galice pour nous en dehors de la musique. Il y a par exemple de la danse traditionnelle dans le spectacle ce qui permet de découvrir les chansons de façons différentes. »

Une simbiose avec les musiciens et avec la tradition

Un disque construit avant tout pour la scène donc. Une scène où les cinq chanteuses, toutes belges d'origines galiciennes, retrouvent d'excellents musiciens belges spécialisés en musiques traditionnelles. Marisol se réjouit de ce plaisir d'équipe: «  On est entouré d'une bande fidèle: entre autres Didier Laloy, Luc Pilartz ou encore Pascal Chardome notre directeur musical. Ils travaillent beaucoup pour apprivoiser les spécificités de la musique galicienne, qu'ils ont d'ailleurs découvert grâce à Ialma. On est fier d'avoir des musiciens d'une telle qualité. »

A l'heure où de nombreux artistes pratiquent une fusion des genres de plus en plus généralisée mais pas forcément originale, la démarche de Ialma laisse une place importante à la tradition et à la transmission culturelle. «  On va de villages en village on va rendre visite a des vieilles dames galicienne qui chantent pour nous a capella, en plein dans la tradition orale, nous raconte Véronica. « On revient avec ses enregistrements de ces moments magiques et on travaille tous ensemble pour trouver le meilleur moyen d'harmoniser les voix et les rythmes. C'est un vrai travail d'équipe, sous la direction de Pascal Chardome. »

Dans l'album, on trouve aussi deux adaptations. Une version galicienne du Like an egyptian des Bangles et deux versions différentes du chant québécois La poule à Collin dont une chantée en français. « On a voulu faire un cadeau, sous forme de clin d'œil, à tout les francophones qui nous suivent » précise Véronica. « La Belgique est notre pays d'accueil, on y parle français donc c'est aussi pour notre plaisir à nous. Dans la version galicienne, il y a d'ailleurs un couplet en français, et les galiciens adorent ça, c'est très exotique pour eux! »

« Ialma nous permet de voyager, pas d'en vivre »

A l'heure de la virtualisation des supports et de l'échange numérique, vivre de sa musique n'est plus l'objectif premier de la plupart des artistes et musiciens comme le confirme Marisol: « Ialma ne nous permet pas de vivre, nous avons donc tous une vie professionnelle en dehors ce qui est une vrai richesse pour le groupe qui se nourrit de ces expériences diverses. Cela permet aussi d'avoir un rapport peut être plus distancié a l'argent. Quand on nous propose une date, on se demande d'abord dans quelle salle, quel festival ou quel cadre on a envie de jouer ou pas avant de demander le montant du cachet. Mais il est évident que toute production a un coût. On doit par exemple jouer pendant 2 ans, à raison d'une quarantaine de concerts par an, pour rembourser les frais de réalisation d'un album. Ces concerts nous permettent de voyager et de rencontrer partout des gens avec une chaleur incroyable. »

Voilà donc Ialma reparti pour une série de concert pour faire vivre la chaleur galicienne. Première étape ce samedi 26 février à Bruxelles. Une première date qui sera l'occasion de saluer la sortie d'un album à la fois enlevé et touchant.

François Colinet

Ialma en concert le 26 février au Centre culturel de Woluwé Saint-Pierre et le 20 mars  Zuiderperhuis à Anvers et le dimanche 7 août au festival Esperanzah!

Visiter leur site internet


Ialma "Simbiose"  (Fol Musica / ZigZag World)