Hommage à Jon Christensen, le batteur venu du froid

Le 18 février 2020, le batteur et percussionniste norvégien Jon Christensen nous quittait à Oslo. Père d’une génération de batteur dans son pays, il a su faire sa place auprès des plus grands musiciens de jazz aux Etats-Unis.

Né en Norvège en 1943, Jon Christensen a 14 ans lorsqu’il forme son groupe avec entre autres son cousin, jouant principalement du boogie-woogie et du blues. En 1960, il remporte le championnat norvégien de jazz dans la catégorie "Modern Jazz". A l'époque, il écoute Buddy Rich, Gene Krupa, Max Roach, Art Blakey… Suite à cette victoire, il se produit dans les différents clubs d’Oslo. C’est dans l’un d’eux qu’il va faire une rencontre importante avec le saxophoniste norvégien Jan Garbarek, avec qui il créera l’European Quartet en 1974. Premier concert avec Jan en 1965 et début d’une fidèle collaboration avec son compatriote. Autodidacte, il apprendra beaucoup en jouant avec de grandes pointures du jazz : Bud Powell, Dexter Gordon, Stan Getz, Kenny Dorham…

En 1969, c’est la création d’un quatuor avec Jan Garbarek au piano, Terje Rypdal à la guitare et Arild Andersen à la basse. Repéré par Manfred Eicher, désireux à l’époque de créer une nouvelle maison de disque, le quatuor signe en 1971 un premier album "Afric Pepperbird" sur le jeune label de Manfred : ECM. C’est le début d’une longue et fructueuse collaboration avec le producteur Manfred Eicher et une multitude de collaborations qui le mènera à jouer avec Ralph Towner, Bobo Stenson, Keith Jarrett, Palle Danielsson,  Ketil Bjørnstad, Miroslav Vitouš…

Philippe Baron rendait hommage à Jon Christensen dans son émission "Jazz" sur Musiq3.