Higelin, Souchon, Noah et Omar Sy fêtent 30 ans de Francofolies à La Rochelle

L'affiche était plus que prometteuse: de Yannick Noah à Jean-Louis Aubert en passant par Nolwenn Leroy, une trentaine d'artistes avaient répondu présents pour "Les copains d'abord", la grande soirée d'ouverture du festival.

Le concert se voulait un double hommage aux 30 ans du festival emblématique de la chanson francophone et à son créateur, l'homme de radio Jean-Louis Foulquier, disparu en décembre dernier.

Le principe choisi était simple mais fédérateur : 30 chansons entrées dans le patrimoine de la chanson française, comme autant de bougies, interprétées en solo ou à plusieurs, par leur auteur ou sous forme de reprise.

C'est Alain Souchon qui a ouvert le bal avec son "Foule Sentimentale", suivi de Nolwenn Leroy avec "Tri Martolod".

Si la plupart des prestations ont été de grande qualité, et le son et les décors particulièrement soignés, la plupart des artistes ont cependant eu du mal à faire jaillir l'émotion devant une espanade Saint Jean d'Acre pourtant pleine à craquer.

La faute, peut-être, à l'omniprésence de la télévision. Captée pour être diffusé ultérieurement sur France 2, la soirée était scénarisée à l'extrême et le spectateur avait davantage l'impression de se trouver devant une émission de variétés que devant un spectacle vivant.

Au point que Yannick Noah s'est à un moment décidé à "laisser tomber le prompteur" où défilait son texte pour tenter de réchauffer le public.

Seuls les artistes ayant une longue histoire avec les Francos et Jean-Louis Foulquier ont réussi à faire chavirer le coeur des festivaliers.

Bernard Lavilliers d'abord, qui a salué la mémoire de son "ami" et offert au public le premier moment de grâce de la soirée avec une version acoustique d'"On the road again".

Puis Véronique Sanson, acclamée pour son grand retour sur la scène d'un festival où elle a donné des concerts d'anthologie.

Mais aussi Hubert-Félix Thiéfaine avec un "Lorelei Sebasto Cha" électrique, Michel Jonasz qui a plongé le public dans la nostalgie de sa "Super Nana" et Jean-Louis Aubert chantant son "Alter Ego" à Foulquier.

Omar Sy, dont la présence a paru parfois artificielle en "maître de cérémonie", a quant à lui réussi à faire rire le public avec ses versions décalées des tubes de la chanson française, dont "Casser la voix" interprété en vraix-faux duo avec un Patrick Bruel apparaissant en vidéo.

C'est durant la première partie de cette soirée de plus de cinq heures qu'a véritablement soufflé l'esprit des Francos et de son fondateur, avec les concerts de deux de ses "découvertes" : Bernard Lavilliers et Jacques Higelin.

Impeccable et très ému, Bernard Lavilliers a d'abord fait la démonstration de ce qu'était la chanson française pour Jean-Louis Foulquier : une musique ouverte au monde et à toutes ses influences.

Puis Jacques Higelin a ressuscité l'esprit des premières "fêtes à", ces concerts emblématiques des Francos où un artiste invite sur scène ses amis, pour un "boeuf".

Lui, a convié à ses côtés Camille, Kent, Miossec pour une reprise de Jacno et enfin Sandrine Bonnaire pour un complice "Duo d'anges heureux".

Entre deux morceaux, Higelin le lunaire s'est arrêté, interloqué, pour observer un drone survolant le site, pousser un coup de gueule contre le Mondial, avouer qu'il se trouvait moche dans son costume et s'était "totalement planté" sur une chanson.

C'était inégal mais plein de vie et de surprises. Et c'est lui qui a le mieux évoqué Jean-Louis Foulquier : "On l'a toujours considéré comme un frère, un ami, un trait d'union entre les artistes. Il était l'amour", a-t-il dit.

 

AFP Relax News