Haring : artisan de l'electro belge

Haring : artisan de l'electro belge
Haring : artisan de l'electro belge - © Flore Layole

Nous avons rencontré Haring, jeune virtuose de l’electro belge, à l’occasion de son concert au Botanique samedi et la sortie prochaine de son premier album.

Haring, de son prénom Yann, vient de fêter ses 25 ans et le succès se dessine déjà pour le compositeur et producteur originaire de Mons. Après quelques années à faire ses propres compos et remixes pour les poster sur le web, la reconnaissance est arrivée côté Etats-Unis. Des médias et blogs musicaux ont commencé à parler de ses morceaux puis Dior a utilisé son très réussi titre "Us" pour habiller une publicité. En Belgique, Haring commence enfin à se faire un nom.

Aujourd’hui les titres du compositeur atteignent les centaines de milliers de vues sur les différentes plateformes d’écoute, grâce à une musique aérienne, nuageuse, mélange de downtempo et de house. A l’occasion de la sortie de son premier album en 2017, nous avons pu poser quelques questions au jeune compositeur belge.

Je me considère comme un slow producer.

 

F.E. : Tu t’inspires de tes voyages et rencontres pour composer, mais ensuite comment se passe ton processus de création musicale ?

H. : Déjà j’ai un bedroom studio, tout est réuni en une seule pièce, dans ma chambre. Je n’ai donc pas besoin d’aller dans un vrai studio. Ensuite au niveau du processus-même, au début je n’ai pas d’idée fixe, je capte les émotions. Je commence à trouver une mélodie et une fois qu’elle m’évoque quelque chose, j’y vais, je me dis qu’elle est bonne. Il faut qu’elle m’évoque un moment. Il faut que ça résonne en moi. (…)

Je me considère comme un slow producer, j’ai besoin de temps pour composer. Sur les 200 projets ouverts sur mon ordinateur, il n’y en a que 4/5 qui sortent réellement au final. Je ne suis pas perfectionniste ou exigeant, mais je veux que ça résonne en moi comme quand j’ai un coup de cœur pour un super morceau et que je l’écoute 40 fois dans mon iPod. Je veux que ma musique produise cet effet-là.

 

F.E. : Depuis que tu fais toi-même de la musique, est-ce que ton rapport avec a changé ?

H. : C’est vrai que quand tu es dans le milieu musical, que tu écoutes beaucoup de musique, que tu vas à beaucoup de concerts, tu perds la naïveté de l’écoute. Mais quand tu tombes sur un titre que tu aimes, ça résonne mieux.

 

F.E. : C’est quoi tes derniers coups de cœur ?

H. : Mark Pritchard et Gold Panda.

 

F.E. : Tu t’autoproduis, est-ce un choix ou une volonté de contrôle ?

H. : Je ne dis pas "je veux le contrôle" mais j’ai du mal à faire des compromis sur ma musique oui. Par contre ça ne m’empêche pas d’envoyer quand même mes compos à mon équipe de communication, à mes potes, à ma famille. Je confronte quand même mes sons. J’ai besoin de l’avis de mes proches.

Pour moi l’autoproduction, c’est la logique actuelle pour commencer, parce qu’il faut pas forcément être dans un gros label pour être écouté, surtout dans l’electro. Moi je serais prêt à aller dans un label si je peux être un artiste à part entière (…).

 

F.E. : Ton album sort bientôt, c’est quoi tes projets pour après ?

H. : Oui mon album va sortir début 2017, il est en voie de finition. J’espère ensuite tourner avec cet album. Je pense que son spectre sera assez large. J’espère avoir des dates à l’international, et surtout qu’il soit bien reçu évidemment. J’aimerais spécialement qu’il soit bien reçu en France, que ça se débloque là-bas, parce que je n’y ai quasiment pas joué. Je suis à moitié français, j’ai la double-nationalité alors c’est important pour moi que mon autre pays me reconnaisse.

(interview réalisée le 14/12/16)

 

Haring sera au Festival Europavox le samedi 17 décembre au Botanique, accompagné de Thylacine et Ogris Debris.

Son dernier album sort en mars 2017.

Vous pouvez suivre les actualités de Haring sur sa page Facebook, son SoundCloud, son BandCamp.