Glass Museum : Les deux font la paire

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Aux confins du jazz, des musiques électroniques et d’un raffinement minimaliste, Glass Museum enregistre six compositions instrumentales : des morceaux à la beauté fatale. Deux est le disque d’un duo aux idées XXL. Quelque part entre BadBadNotGood et Nils Frahm, le groupe belge affirme son savoir-faire. Atypique et mélancolique, envoûtant et extrêmement percussif, l’univers de Glass Museum s’expose dans toute sa splendeur.

L ’abus d’alcool nuit gravement à la santé. N’empêche. Il suffit parfois d’un verre pour se laisser aller. Martin Grégoire et le pianiste Antoine Flipo peuvent en témoigner. De passage à une fête étudiante, ces deux amis d’enfance se retrouvent pour parler de tout et de rien. Entre un aller-retour au bar, ils se dé- couvrent, un peu par hasard, un goût pour le jazz tout-terrain et l’électro sophistiquée. En fin de soirée, ils se jurent de jouer ensemble. Chose promise, chose due. Après quelques répétitions au débotté, le duo commence à plancher sur de véritables compos. En janvier 2016, un premier titre voit le jour. Bricolé sur base de structures improvisées, ce morceau marque le point de départ du projet.

 

À l’époque, notre seul but était de participer au tremplin du Dour Festival, affirme le batteur Martin Grégoire. L’objectif est atteint haut la main. Qualifié sans forcer, Glass Museum se hisse en finale et rafle la mise. C’était d’autant plus cool qu’il s’agissait de notre premier concert. Quelques semaines plus tard, le groupe marque les esprits d’un autre jury à l’occasion du Concours Circuit. Des prix plein les poches, Glass Museum attire l’attention des programmateurs belges et internationaux. Avant d’avoir publié la moindre vidéo sur les réseaux sociaux, le duo a déjà joué plus de cinquante dates...

En transition entre un passé très rock et un futur ouvertement tourné vers l’électro, le son de Glass Museum évolue. On ne voulait pas se précipiter en studio. Avant d’enregistrer, nous voulions réfléchir aux arrangements et, surtout, prendre le temps de façonner un bel objet. Au final, nous avons condensé toutes nos idées dans six morceaux. Le disque est assez dense, vraiment copieux. Pour faciliter la digestion et savourer l’affaire de l’entrée au dessert, Glass Museum choisit de diffuser sa musique au compte-gouttes. Jusqu’en mai, nous allons sortir un nouveau morceau chaque mois. À chaque fois, nous proposerons deux versions d’un même titre : l’original et son remix. L’idée, c’est de dévoiler progressivement le contenu de l’album en offrant une plus-value électronique. Lancé en éclaireur, le superbe Opening traverse ainsi le dancefloor en compagnie de l’ami DC Salas.

 

En six morceaux, Glass Museum réalise un incroyable numéro d’équilibriste. Sur une corde tendue entre le jazz et les musiques électroniques, le duo progresse pas à pas. Par dessus le vide et les références (Philip Glass, BadBadNotGood, Steve Reich, GoGo Penguin, STUFF.), batterie et piano s’unissent dans l’effort pour offrir une musique libérée des carcans, affranchie de la notion d’espace-temps. Instrumentales, universelles, les compos du duo traversent les âges sans prendre une ride. Ici, jazz, harmonies classiques, ambient, techno, visions cinématographiques et vibrations mélancoliques affluent dans un même mouvement, à la fois fragile et puissant, toujours cohérent. Au printemps, tous ces bricolages seront rassemblés sur un disque tamponné du chiffre Deux. Ce titre, c’est notre façon de souligner la dualité du projet, mais aussi une manière de rappeler que chaque morceau fonctionne par paire. Cette logique binaire se matérialise également dans une fusion des contraires. Puisque chez Glass Museum, sonorités organiques et synthétiques se confondent constamment.

Larsen est le magazine de l'actualité musicale en Fédération Wallonie-Bruxelles. Edité par le Conseil de la Musique, il touche à tous les styles, du classique au contemporain en passant par le jazz, l’électro, le rock ou la chanson.

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