Gerard Mortier refuse de quitter le Teatro Real

"Ils ne pourront pas me jeter dehors", a assuré Gerard Mortier à l'agence de presse espagole Efe dans la nuit de mercredi à jeudi. Alors que le successeur du Belge devait en principe commencer comme assistant, l'opéra de Madrid voudrait à présent lui donner les rênes artistiques immédiatement.

Les relations entre M. Mortier, l'opéra et le gouvernement espagnol se sont envenimées ces derniers jours. Dans un entretien accordé à El Pais, le directeur artistique avait exigé d'être impliqué dans le choix de son successeur. "Si le gouvernement désigne un candidat avec lequel je ne m'entends pas, qui ne partage pas mes opinions, je me retirerai", avait-il assuré dans les colonnes du journal. Ayant appris que les autorités espagnoles souhaitaient offrir le poste à un compatriote, il avait riposté en déclarant qu'il "ne voit actuellement personne en Espagne" pour reprendre son rôle. "Le critère ne peut pas être la nationalité, mais la qualité. Cette façon de penser n'existe plus en Europe. A Amsterdam, ils ont un Libanais, à Milan un Français... C'est ridicule", avait-il dit à El Pais, ajoutant: "Si le gouvernement impose un nom avec lequel je ne suis pas d'accord, je n'attendrai pas 2016. Je pars".

Prenant acte de l'interview et de cette déclaration, qu'ils interprètent comme une volonté de démissionner, les instances dirigeantes de l'opéra ont officiellement nommé Joan Matabosch comme nouveau directeur artistique, tandis que Gerard Mortier affirme avoir été indésirable depuis le début de son mandat. Il compte rester en place jusqu'à la fin de la saison. "Je ne me laisserai pas payer pour une mission que je n'aurais pas terminée", a-t-il conclu.


Belga