Francofolies de Spa : vendredi furies sous la fournaise!

Julien Clerc aux Francos 2013
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Julien Clerc aux Francos 2013 - © © Xavier Beaurain

Enthousiasme à tous les étages en ce vendredi. Un grand écart de plaisirs et de talents ! La classe de Julien Clerc répond à la ferveur de Marie-Pierre Arthur, de Superbus ou de Michael Gregorio, une toute belle troisième journée!

Lancelot Lylac et la Reine Arthur

Rafraîchissante ouverture dans la fournaise, Lylac nous a joué le grand jeu folk hypnotique avec quelques morceaux de son splendide album "By a tree" plus une jolie reprise de Nina Simone. La scène permet de jauger la beauté de sa voix mais surtout d’admirer le doigté subtil de sa violoncelliste jusqu’au final bien plus agité. Le public d’abord clairsemé ne s’y trompe pas et rallie peu à peu le village, comme attiré par les chants de sirènes de ce globetrotteur envoûtant. Il prépare une tournée des centres culturels à l’automne, ne le ratez pas!

Quelques interviews (et quelques verres en terrasse) plus tard, la québécoise Marie-Pierre Arthur nous livre un set de tous les diables. Portée par une presse unanime et un public curieux, elle envoie, depuis sa basse magique, une fureur à décorner les orignaux. Entourée de son amoureux de claviériste François Lafontaine, membre du groupe Karkwa, et de bien d’autres furieux, elle va chercher la rage au plus profond de nos tripes. Du rock au blues, elle fait trembler la terre brûlante et marque au fer rouge cette édition anniversaire!

Les vers de Julien ou les vibes de Superbus?

Tel le calme après la tempête, quelques morceaux de Lou Doillon suffiront à nous apaiser. En la quittant rapidement pour ne pas rater le beau Julien, on s’interroge sur le choix du lieu. Ses notes mélancoliques et torturées sonneraient sans doute mieux au Jardin. Mais bon "I.C.U." reste planant partout!

Qu’écrire encore sur l’insubmersible Julien Clerc. Que sa voix chevrotante nous a longtemps irrité avant le tournant des années 2000. Mais que depuis "Utile" il ne cesse de nous plaire, chaque fois davantage. Quel prestance, quelle classe et…quel répertoire! Cette tournée "pianistique" lui permet de rejouer des titres oubliés et de remercier ses nombreux parolier (Roda-Gil, Bruni, Le Forestier, Mc Neal…) C’est agréable comme de l’ouate chaude mais la formule aurait été encore plus délectable dans un endroit plus cosy.

On prend congé sur l’air de "Mélissa" pour aller en prendre plein les oreilles près de Superbus. Pop ou rock, le débat reste ouvert mais le résultat sur-vitaminé ne souffre aucune discussion: c’est de la bombe! Un beau défouloir que ce soit sur le dernier album, plus anglo-saxon, ou sur des vieilleries comme l’excellent "Butterfly". Efficace au point de pousser les premiers rangs au strip-tease. Bref, les plaisirs de festival…

Magic Michaël!

Pour Michaël Gregorio, ce n’est pas l’habitude de jouer devant la faune estivale. Pourtant, en fin de soirée, l’imitateur ultra doué a emballé la foule de la scène Rapsat. Fermez les yeux, il fait des dizaines de voix à la perfection (sauf celles, ratées, de Simon and Garfunkel). La partie jazz et opéra - rap est plus convaincante que la fin en version Dieu du stade mais la plasticité vocale de ce type et ses talents d’ambianceur sont absolument ahurissants. Et comme il est sympa comme un cœur, ne ratez surtout pas ses prochains passages en Belgique. Vous en resterez…sans voix!

A demain!

 

François Colinet