Francofolies de Spa: délicate rencontre avec le belge Lylac, à découvrir!

Lylac
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Lylac - © crédits : Kassim Amhed

Avec "By a tree", le belge Amaury Massion propose un disque à la fois hanté et léger, des ambiances folk d’une rare beauté qu’il présentera au public spadois le vendredi 19 juillet.

Un coup en plein cœur ! Nous ne pouvons décrire autrement l’effet que nous procuré la première écoute de "The island", le morceau qui ouvre le premier album de Lylac. On avait donc forcément très envie de le rencontrer pour entrer dans le mystère. Entretien enthousiaste !

 

Comment est née l'envie de cet album tout doux ?

 

Lylac : C'est, en effet, un disque intime qui fait son chemin petit à petit, le bouche à oreille fonctionne bien sur ce type de projet. J'ai beaucoup voyagé notamment en Asie du Sud Est avec ma guitare sur le dos. Avant de partir, je jouais dans des groupes très rock alors qu’étonnamment, j'adore la musique acoustique ! En voyageant la guitare en bandoulière, on crée un rapport intime avec les gens. C'est comme si la guitare enlevait facilement les barrières. J'aime jouer sans artifice, sentir les choses de manière brute. Ma musique demande de prendre son temps, ce qui devient de plus en plus rare dans notre société éternellement pressée.

 

Vous aviez déjà un long parcours de musicien?

 

Lylac : J'ai donc eu plusieurs groupes de rock mais avant ça, j'ai eu un parcours assez classique de l'apprentissage de la musique. J'ai fait la section chant du conservatoire de jazz ce qui permet d'avoir de bonnes bases et d'habituer ses oreilles à des sonorités moins conventionnelles. J’ai suivi l'enseignement de Garrett List, un tromboniste américain qui donne des cours d'improvisation musicale. Il m'a appris à m'ouvrir, à suivre le son, cela a développé chez moi une façon très particulière d'écrire.

Et puis la voix se travaille de manière naturelle. Plus tu chantes, plus tu maîtrises ta voix. Il faut dire que je m'y suis mis tôt. Je chantais de la musique sacrée dans la chorale de mon école. On a fait une tournée d'un mois au Canada. Une expérience incroyable qu'en on a 12 ans!

Quels sont les ingrédients secrets qui rendent cet album si charmant ?

 

 

Lylac : Oh, merci pour le compliment ! J'ai un petit home studio à la maison. Je combine plusieurs instruments : une guitare folk, une guitare classique et puis un cavaquinho, une sorte d’ukulele avec des cordes en métal. Je joue de la trompette aussi. Il faut s'amuser à la repérer sur le disque. Elle fait quelques discrètes apparitions. Sans oublier la présence de la violoncelliste Thècle Joussaud. Comme idée générale, je voulais rester dans des arrangements sobres, sans surjouer. On ne se dit pas "ce matin, je vais écrire un morceau mélancolique", il faut se laisser porter par ce qui vient. Mais dans cette optique, le plus difficile est d'accepter l'autocritique ou l'autocensure par soi-même. Parfois il se passe une semaine avant que je revienne sur ce que j'ai écrit. La complicité avec Thècle à vraiment été importante pour faire avancer le projet !

 

Sur ce disque, il y a deux morceaux en français...

 

Lylac : J'ai habité en Angleterre, chanté en anglais, c'est donc une évidence pour moi, mais le français reste ma langue maternelle, et donc, c'est important de chanter aussi en français. J'ai eu la chance de faire une Master Class avec " ça balance à Liège " où j'ai entre autre côtoyé Nicolas Michaux d'Été 67, cela m'a apporté beaucoup. En fait, j'ai toujours une réticence à chanter en français. Je trouve que les figures tutélaires, les Brel, Brassens et tous les grands poètes, pèsent dans l'inconscient collectif. J'ai toujours peur de ne pas être à la hauteur s’ils servent d'étalon. Finalement, j'en ai mis deux sur l'album. Je me suis vraiment appliqué à les écrire, elles me procurent un plaisir particulier. Et j'en ai encore quelques-unes en magasin que je garde pour la scène.

The island

L'album est sorti il y a déjà un an, quel est le bilan ?

 

Lylac : Je compte évidemment sur les concerts pour amener ses chansons vers les oreilles d'un maximum de monde. Mais je pense qu'à l'heure actuelle, un disque qui rencontre un petit noyau dur d'auditeurs peut vivre plus longtemps. Parce que les canaux d'informations sur la musique se sont multipliés à l'heure numérique. Cela peut paraître paradoxal mais je ne suis pas inquiet. Cet album fait un joli chemin petit à petit et je suis évidemment ravi de jouer aux Francofolies cet été !

 

Entretien : François Colinet

 

En concert Vendredi 19 juillet, Francofolies de Spa, Village Francofou 14h

Lylac "By a tree" (Homerecords)

Doux comme un souffle dans le cou, puissant comme une confidence qu’on serait les seuls à partager, le disque de Lylac est un compagnon délicieux dès ses premières notes. Le charme immédiat de " The island " nous capture, le violoncelle de " Spanish parade " nous emmène par la main tandis que la voix d’Amaury nous transperce quand il ose le français. Même après l’avoir écouté encore et encore, on ne s’en lasse pas. Une pépite belge à dénicher sans plus attendre! FC