Francis Cabrel, Raphaël : du nouveau, du beau !

Francis Cabrel, Raphaël : du nouveau, du beau !
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Francis Cabrel, Raphaël : du nouveau, du beau ! - © Claude Gassian

Ces figures de la chanson française reviennent avec deux albums convaincants et seront de retour sur scène chez nous cet automne pour notre plus grand plaisir.

La conscience poétique de Francis Cabrel

Sept ans d’attente ! Et donc forcément un peu d’appréhension, un brin d’angoisse d’être déçu par les 12 nouvelles chansons d’un des guides musicaux de notre adolescence. Chacun de ses albums, distants d’à peu près cinq ans, ont ensuite accompagné nos étapes de vie, d’étudiant puis d’adulte.

Après quelques écoutes, le soulagement à la hauteur de l’attente : " In Extremis " est un disque réussi. Et le plaisir de retrouver la patte Cabrel une fois de plus intact !

Parce qu’il ressuscite J.J. Cale dès les premières notes, promettant ainsi un disque d’amoureux de la guitare. Parce qu’il effleure l’amour comme personne. Parce qu’il maquille sa conscience avec toujours plus de poésie ou d’ironie, la rendant ainsi plus percutante. Parce que Francis ne sait faire que du Cabrel, mais qu’il le fait avec brio, on retrouve avec délice des sentiers déjà connus, parfois agrémentés de cuivres chauds et de quelques jolis chœurs féminins.

De chacun de ses albums ressortent généralement une ou deux chansons qui traversent les âges. On mise cette fois-ci sur " Partis pour rester ", évocation lucide mais volontariste du temps qui passe, et sur " Les tours gratuits ", magnifique déclaration d’un père à ses filles, qu’il voit grandir puis partir vers leur destin d’adulte. Du grand art !

En concert en novembre (quasi complet): le 16 au Cirque Royal de Bruxelles, le 17 au Forum de Liège, le 18 au Palais des Beaux-arts de Charleroi.

Le 4 mars 2016 à Forest National (Bruxelles)

Francis Cabrel, "In Extremis" (Sony)

L’enfance inspirante de Raphaël

Il nous accompagne, lui aussi, depuis un bon moment. 10 ans en fait, depuis son fabuleux disque " Caravane ", que l’on avait vraiment adoré, et qui l’avait propulsé de manière fulgurante sur le devant de la scène en 2005. Jusqu’à lui coller à tort une étiquette de " chanteur à minettes ".

Le chemin artistique de Raphaël est en effet plus complexe et mérite plus de considération qu’un simple effet de mode, comme en témoigne l’exigeant " Pacific 231 " en 2010, suivi d’un live intense filmé par Jacques Audiard. Puis l’OVNI " Super-Welter " où il nous a semblé sérieusement s‘égarer en brouillant (volontairement ?) les pistes.

Retour réjouissant et mille fois réussi avec ce " Somnambules ", album construit autour de voix d’enfants et inspiré par les bruits d’une cour d’école. Ces chœurs très présents agissent comme un instrument humain qui structure une épopée touchante dont les mélodies se retiennent instantanément.

Une idée inspirante et originale, assumée sans détours, qui fait de ce " Somnambules " son meilleur disque depuis " Caravane " !

François Colinet

En concert le 11 décembre au Forum de Liège et le 18 décembre au Cirque Royal de Bruxelles.

Raphaël, "Somnambules" (Warner)