Francis Cabrel à Forest : deux belles soirées, bientôt en DVD !

Francis Cabrel à Forest : deux belles soirées, bientôt en DVD !
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Francis Cabrel à Forest : deux belles soirées, bientôt en DVD ! - © Claude Gassian

La salle bruxelloise a été choisie pour immortaliser cette superbe communion musicale, en toute simplicité.

Toute la musique qu’on aime, elle vient de là… "Assis sur le rebord du monde" et son blues imparable donne le ton d’une soirée qui rassemble toutes ces couleurs musicales qui se déclinent et se mélangent à l’envi. Du rock à la JJ Cale sur un "Dur comme fer", cinglant à l’adresse de nos dirigeants, du gospel en passant par la folk la plus épurée, guitare sèche en bandoulière pour mettre en avant les jolis mots de "Petite sirène", "Octobre" ou "L’encre de tes yeux".

La marque des grands

Comme nous l’écrivions en novembre dernier, avec Cabrel, impossible d’être trompé sur la marchandise. Il fait un spectacle magique avec trois ficelles de jolies couleurs. Nul besoin de chorégraphies ni d’effets de manches, quatre musiciens parmi les meilleurs en variété francophone, et trois délicieuses choristes suffisent amplement pour mettre les chansons et l’émotion au centre.

On est à nouveau frappé par l’incroyable justesse de son expression poétique. En titillant les consciences, sans avoir l’air d’y toucher, sur "African tour" évoquant la crise migratoire, paru en 2008 et pourtant encore bien plus d’actualité aujourd’hui. Sobrement, sans dire un mot, l’émotion plane. Comme en ressortant des tiroirs "Cent ans de plus" magnifique texte sur la condition des esclaves "ce peuple interdit du reste des hommes" magistralement clôturés par des chœurs en dialecte africain.

Quelques petites modifications du programme viennent nous surprendre comme cette interprétation très recueillie de " Hors-saison " ou du " Chêne-liège ", cet hymne religio-sceptique qui nous avait justement manqué en novembre.

Cocktail savamment dosé

Outre les grands classiques plus rythmés ("Sarbacane", "La Dame de Haute-Savoie") que l’on retrouve avec délice et qui soulèvent la salle d’un bond, pointons surtout une version a cappella très réussie de "Rosie", adaptation d’une chanson de Jackson Browne.

Des musiciens haut de gamme, observables de près grâce aux écrans, de l’amour, de la conscience et des chansons inusables à partager. Le tout dans une ambiance des grands soirs et un son impeccable (du moins de notre siège dans le parterre) prouvant une fois encore que ce gros paquebot de béton peut être parfaitement apprivoisé, tout était réuni pour nous plaire.

Espérons juste qu’il reviendra nous rendre une dernière visite avant de s’en retourner hiberner, comme à son habitude, pour plusieurs années, à nous qui "depuis le sol où nous sommes, passons nos vies de mortel à chercher les portes qui donnent vers le ciel… ".

 

François Colinet

 

Francis Cabrel, "In Extremis" (Chandelle/Sony)