Flying Lotus au Cirque Royal, la claque visuelle

La claque visuelle du cube de Flying Lotus
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La claque visuelle du cube de Flying Lotus - © © RTBF – David Salomonowicz - 2015

L'auteur du brillant album "You're Dead" sorti l'an dernier était de passage hier soir en anticipation des Nuits Bota et a livré une prestation incroyable. Surtout pour son aspect visuel. Verdict.

Les Nuits Bota auront lieu du 9 au 17 mai, mais comme chaque année, quelques dates éparses sont programmées avant (et après) avec le tampon du festival. Ce sera par exemple le cas mercredi avec Godspeed You! Black Emperor comme ça l'a été hier soir avec un magnifique ticket hip-hop composé du beatmaker Kutmah en dj set, des ovnis inclassables de Shabazz Palaces et de Flying Lotus en tête d'affiche.   

Flying Lotus, c'est le projet de Steven Ellison, Californien au profil de basketteur, bricoleur de sons électro brillant et qui a déjà distillé nombre d'EP et 5 albums des plus intéressants dont  le dernier en date, You're Dead, plus sombre tant il relatait la perte récente de plusieurs proches.

Sur scène, en l'attendant, un immense cube qui prend les 3/4 de la scène. Il débarque et se glisse à l'intérieur où l'attend une table de mixage. Il lance les premières salves et soudain, le cube s'illumine de mille couleurs et des images viennent s'y poser en 3 dimensions via un v-jing bluffant.

Au niveau sonore, le fond musical est clairement electro mais il y a aussi ça et là des accès de vieux hip hop, de trap, de lounge planante et même de tech house. Le mec mixe incroyablement bien et passe par toutes les couleurs possibles et imaginables, toutes les nuances.

Sur les samples de rap old school, il descend même de son piédestal cubique pour venir sur scène scander sa prose. Rétro dans le propos mais tellement futuriste et innovant visuellement que le contraste est parfait. On se croirait dans un jeu vidéo virtuel mais il nous lâche en même temps des mélodies baroques quasi symphoniques avant de déformer la voix d'une jeune femme qui divulgue des textes sur une ambient enflammée.

C'est répétitif et pourtant on ne s'ennuie pas une seule seconde. Des tableaux en mouvement, festival de couleurs, d'images déformées, stroboscope et camaïeu. C'est sombre, mais incroyablement éclairant. Vu la thématique de son album, exutoire pour exorciser la mort, on plane dans un univers glauque fait de monstres effrayants, de squelettes et de têtes de mort, mais en même temps, il y a tellement d'arc-en-ciels qui s'entrecroisent qu'on a peine à se morfondre.  

On lui reprochera peut-être d'avoir fait de son spectacle un "simple" dj set accompagné d'images mais c'est tellement choquant de qualité visuelle qu'on ne peut pas en sortir indemne. C'est dense, intense et d'une créativité hors norme presque déstabilisante par instants. Mais tant mieux ça fait vraiment du bien d'être bousculé de la sorte! On en redemande.

 

David Salomonowicz