Fête des Solidarités dimanche : " Soleil, écoute-moi… "

Fête des Solidarités dimanche : « Soleil, écoute-moi… »
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Fête des Solidarités dimanche : « Soleil, écoute-moi… » - © Laurent Seroussi

La Citadelle de Namur a accueilli pour la troisième fois la Fête des Solidarités. Un week-end ensoleillé et réussi qui nous a, entre autres, rappelé aux bons souvenirs de Michel Fugain !

Une affiche musicale impressionnante (en tout cas le dimanche puisque le samedi avait perdu de sa saveur avec l’annulation du concert attendu de Sinéad O’Connor) et un soleil radieux pendant tout le week-end, pas étonnant que cette troisième édition ait été un grand succès !

Notre dimanche solidaire commença pourtant par une grande frustration. Ayant calculé le temps nécessaire pour applaudir bien à l’heure la resplendissante Hindi Zahra (que nous avions rencontrée au printemps), nous voilà pris au piège d’informations trop peu claires concernant l’accès des personnes handicapées au Théâtre de Verdure. Alors que l’on entend résonner le magnifique " Beautiful Tango ", nous cherchons toujours un moyen d’accéder à ce bel écrin, endroit idéal pour apprécier la virtuosité des musiciens qui l’accompagnent sur cette tournée.

On arrive trois morceaux avant la fin, juste le temps d’admirer sa danse des cheveux et de se consoler en projetant de la revoir au Festival des libertés le 30 octobre prochain (le même jour que Calexico, mais dans une autre salle, l’impossible choix !). Heureusement, le dévouement des bénévoles pour nous aider dans nos déplacements nous permettra ensuite de passer une excellente journée, merci à eux !

Fugain comme au premier jour

Pas besoin d’attendre Calogero ou Rodrigo y Gabriela, c’est Michel Fugain qui nous offrira le premier coup de fouet de la journée. " Soleil, écoute-moi, ne t’en va pas soleil, reste avec moi soleil ." Sous le cagnard, ces réminiscences du Big Bazar nous replongent en enfance, à l’époque des " Acadiens " et de " Fais comme l’oiseau ".

Après Maxime le Forestier l’an dernier, c’est à son tour de faire vibrer les utopies, revendiquées par beaucoup durant cette Fête. Entouré d’une douzaine de musiciens appelés " Pluribus ", ses chansons sonnent comme jamais. Percussions, cuivres, violon se transforment en carburant magique qui donne à Michel Fugain une nouvelle jeunesse épatante. On ne l’a jamais vu aussi pétillant. Son répertoire est sublimé par le band. Un vrai bonheur inattendu, à retrouver le 27 novembre au Cirque Royal. Et en attendant : " chante, la vie chante, comme si tu devais mourir demain… "

Rodrigo et Calo, maitres dans leur art

Après un Cali prévisible mais toujours aussi généreux, les retrouvailles avec Rodrigo y Gabriela font vraiment plaisir ! On n’a toujours pas compris comment ces deux Mexicains arrivaient à maîtriser la guitare acoustique avec autant de dextérité, de souplesse, de maestria. Pas besoin de batterie, Gabriela alterne les percussions et la rythmique sur sa guitare, tandis que Rodrigo enchaîne des solos stratosphériques. Il pousse la chansonnette sur deux morceaux, reprenant notamment Radiohead, mais ce n’est absolument pas nécessaire, tellement leur puissance instrumentale balaye tout et emporte l’adhésion d’un public subjugué. C’est un rien répétitif mais qu’est-ce que c’est bon !

Maîtrise totale aussi pour le concert de Calogero, qui clôture avec force cette troisième édition. Sans être grand fan, nous avions été bluffés par la fin de son spectacle spadois et sommes donc tout heureux de pouvoir l’apprécier dans son intégralité. Spectacle total, light show soigné, mais surtout un vrai groupe de rock sur scène. Guitare, clavier et un bon batteur, Calo ne lâchant sa basse que pour rejoindre le piano. L’enchaînement des tubes impressionne même les " non fans " comme nous. Il est la définition exacte de la variété populaire dans son sens le plus noble : sensible, sincère et généreux.

La lune nous gratifie de son apparition juste au-dessus de la scène, comme une présence bienveillante au-dessus de la foule. Le moment devient précieux. " Yallah " embrume nos yeux avant que " Les feux d’artifice " ne clôturent le tout en beauté.

François Colinet