Exceptionnel, éternel : Francis Cabrel !

Exceptionnel, éternel : Francis Cabrel !
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Exceptionnel, éternel : Francis Cabrel ! - © Claude Gassian

L’homme le plus discret de la chanson française a donné un formidable concert au Cirque Royal. Avant Liège ce soir et Charleroi demain puis, de revenir à Forest National les 4 et 5 mars prochain, on a hâte !

" On croyait savoir tout sur l’amour, depuis toujours… " Oui mais voilà, ce mardi soir Francis Cabrel en a décliné tellement de nuances qu’il a encore réussi à nous surprendre.

Cabrel est, en effet, à la fois exceptionnel et éternel.

Exceptionnel, parce qu’il se fait rare. Dans les médias comme sur scène. Il fuit la lumière pendant que tant de ses confrères la cherchent frénétiquement. Il ne sort de sa tanière qu’épisodiquement, pour proposer des disques toujours aussi délicieusement remplis de conscience poétique, puis pour livrer des concerts émouvants, denses et sans fioritures. Avec des musiciens d’une incroyable qualité. " Assis sur le rebord du monde " arrive très tôt et nous rassure d’emblée : sept ans d’absence n’ont entamé ni son sens du rythme, ni son amour du blues.

Des tubes, encore et encore…

Éternel parce que son impressionnant répertoire est une sorte de patrimoine qui vit dans le cœur de son public. Il y a bien sûr les trop entendues " Petite Marie " et " Je l’aime à mourir ", mais il y en a surtout des dizaines d’autres (" La fille qui m’accompagne ", " Petite sirène " " L’arbre et l’échelle " pour n’en citer que trois) qui nous touchent tellement plus. Un répertoire qu’il n’hésite pas à revisiter comme " C’est écrit " version rumba (moyennement convaincant) ou en donnant des couleurs groovy à " La Corrida " (nettement plus emballant).

Quatre excellents musiciens donc (dont notre compatriote Nicolas Fizman, qui s’en sort avec les honneurs en prenant la suite de l’immense Bernard Paganotti à la basse) et trois choristes, jolies et efficaces, pour donner une coloration plus soul à certains morceaux ou incarner l’Afrique sur le magnifique " Cent ans de plus ".

Entre groove et douceur

Un concert dans un joli décor fait d’abat-jours et de draps couleur ocre, qui met la guitare au centre, tantôt caressante, tantôt bluesy. " Encore et Encore " puis " Sarbacane " en rappel, rappellent des Madeleines oubliées dans une ambiance de feu, tandis que " Je t’aimais, je t’aime, je t’aimerai " et " Octobre " remettent dans nos oreilles les perles de l’album " Samedi soir sur la Terre ", qui nous a tant fait chavirer. Pointons aussi " Les gens absents ", texte sur le deuil d’une désarmante justesse.

Les chansons s’écoulent avec douceur dans une atmosphère à la fois chaleureuse et recueillie. Un petit hommage à Dylan n’est pas oublié. Quelques titres du nouvel album non plus, comme par exemple " Les tours gratuits ", splendide ode à l’enfance qui s’évanouit et aux parents qui doivent laisser voler leurs progénitures de leurs propres ailes.

Sans aucune mise en scène ni effet de manche, Cabrel a prouvé une fois encore que les chansons seules suffisaient à nous faire vibrer pendant plus de deux heures. Les gens absents ont eu tort mais pourront se rattraper les 4 et 5 mars à Forest National. Pour vivre un moment dont les délicates émotions vous caressent encore le lendemain…

 

François Colinet

 

En concert mardi 17 au Forum de Liège, mercredi 18 au Palais des Beaux-Arts de Charleroi (deux concerts complets) et les 4 et 5 mars à Forest National à Bruxelles.

Francis Cabrel, "In Extremis" (Sony)