Esperanzah Jour 3

On le savait, le budget avait été revu à la baisse en réponse à la claque financière prise l’année passée.  Les organisateurs avaient repensé le festival sur base de 20 000 entrées. Pourtant, pour cette édition 2012, 15 000 de plus ont pu apprécier la qualité des partenariats solides. Notamment le CNCD qui, en finançant une partie du festival a pu lancer hier soir sa nouvelle campagne 11.11.11 pour la Justice climatique en compagnie de la marraine du projet, Marlène Dorcéna. Esperanzah garde toujours cette base humanitaire et engagée de par sa sélection d’artistes également. Tous défendent une cause, soutiennent des associations ou chantent l’espoir.  

 

C’est ainsi qu’en cette dernière journée nous avons pu montrer ce qu’est l’accueil du public belge à des artistes de renom tel que la pétillante Flavia Coelho qui nous a amené la chaleur de son pays en nous présentant admirablement bien sa musique traditionnelle brésilienne. Toujours dans les sonorités latino, La Chiva Gantiva nous ont prouvé que le style sud-américain se mariait à merveille avec le pop-rock dans la quête de bonnes vibrations.

Une Imany sensuelle qui reprend un classique de Queen et qui nous berce avec ses titres que l’on fredonne volontiers tel que le connu  " The shape of a broken heart " ou encore "  You will never know ". Le sol a ensuite tremblé avec le public déchaîné pour les métalleux de Molotov. Ces mexicains chantent leur engagement révolutionnaire avec des influences de hip-hop.

Vient alors du Côté Jardin, le virtuose du piano Roberto Fonseca. Le cubain offre sa musique de toute sa personne et partage une incontestable complicité avec ses musiciens. Il nous a fait swinguer avec son talent de jazzman et son jeu de scène pour le plaisir des oreilles des plus exigeants.

Le public floreffois était venu en masse pour acclamer Youssoupha,  nouvelle figure emblématique du rap français.  Tous reprenaient en chœur ses textes empreints de vérités qui dérangent et sautaient en rythme afin des " gester " comme Youssoupha et son acolyte les y encourageaient. Il sait comment amener un public " à tout péter ". Parce que, le feu, il l’a mis à Esperanzah.

Pour clôturer cette 11éme édition, le reggae de Groundation a eu raison des festivaliers. La synergie des musiciens pour nous offrir ce reggae teinté de groove et de jazz a plus que chauffé la foule. Malgré la pluie, le public dansait à n’en plus finir.

Le clou du spectacle, ce sont les basques de Crystal Fighters. Une prouesse scénique de taille qui achèvera Esperanzah 2012 sur un son électro-funk. Malgré un problème de basses qui couvraient les voix sur la scène Côté Cour, c’est un spectacle haut en couleur auquel nous avons eu droit en ce lieu saint.

Avec ces innombrables artistes venus présenter des univers et des styles musicaux bien différents mais tous aussi intéressants les uns que les autres, Esperanzah a pu à nouveau prouver que c’était à Floreffe qu’on était ouvert à la culture du monde. Ce festival familial a plus que fait ses preuves cette fois encore : la musique rassemble et nous avons tous notre rôle à jouer pour que ça ne s’arrête jamais.

 

Gwen Geers

Belgian Music Festivals