Esperanzah !: Brelan de Dames, atout Cœur !

L’abbaye de Floreffe s’est parée de ses atours colorés et solidaires pour une 16è édition démarrée sur les chapeaux de roue. Gros coup de cœur pour Imany et Leyla McCalla !

Comme un poisson dans l’eau ! Quel chouette sensation de retrouver la bulle énergétique d’Esperanzah ! Ses sourires, ses utopies, ses saveurs musicales inattendues constituent depuis 15 ans déjà la parenthèse revigorante de notre été.

La jolie nouveauté de l’année, la scène " Alpha " vient compléter le panel de style proposés avec un focus sur les artistes " proches de la Terre, de leurs racines " comme nous le confiait Jean-Yves Laffineur, l’âme rêveuse et père d’Esperanzah !

C’est à cet endroit que débute notre déambulation avec  le swing contagieux et la voix chaude d’Uncle Waldo. En route pour une bonne rasade de JARZZ acronyme de " Jazzy and Rythmic ZwingZ ". Saxophone, trompette, trombone, notre addiction aux cuivres est ici comblée. Avec le charme de la chanteuse en supplément, cette édition nous plait déjà !

Imany : Queen of the night

Quelques nouilles sautées plus tard, voici déjà notre motivation musicale du jour : les pulsions électrisantes d’Imany !

Propulsée sur les ondes par le remix de " Don’t be so shy ", la française aux origines comoriennes nous séduit depuis son premier album aux accents soul et R&B. Si le deuxième nous parait plus formaté, il a permis un concert d’une force ahurissante, construit autour de sept musiciens ( !) et de deux violoncelles qui ont fait des merveilles. Rythmé, enlevé, presque tribal parfois, Imany insuffle toute son énergie au public. Et lorsqu’elle livre une version toute personnelle du Bohemian Rhapsody de Queen, elle retourne le jardin de l’Abbaye presque plein sur le coup de 20h30. Un très grand moment !

Le temps de calmer notre enthousiasme, celui-ci repart de plus belle pour les sonorités haïtiennes de Leyla McCalla. Accompagnée, elle aussi d’un violoncelle qui fait des merveilles, elle nous plonge dans la moiteur de Port-au-Prince et dans la douce mélancolie créole en reprenant notamment quelques chansons ancestrales de ce coin du monde, célébrant ainsi les joies de la transmission orale.

L’instant est précieux et l’espace de cette " scène Alpha " prend tout son sens, sorte de poumon de ressourcement dans l’effervescence qui gagne les lieux à l’heure d’applaudir toute la chaleur du jazz de Gregory Porter. Encore une audace de programmation qui, au vue de ses anciennes prestations auxquelles nous avions assisté, devrait surprendre et enthousiasmer le public curieux d’Esperanzah !

Il est déjà temps pour nous de prendre congé mais on revient très vite, promis !

François Colinet

Le Festival Espreanzah! se poursuit jusqu'au dimanche 6 aout à l'Abbaye de Floreffe.