Dour d'oreille : toutes premières fois

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HER - © Emmanuelle Huynh

La fatigue commence à se voir sous les yeux des festivaliers. Au programme de ce troisième jour sur la plaine de la machine à feu, de la féminité, du bon vieux rock et du rap US.

 

En début d’après-midi, c’est Orage Plastique qui ouvre le bal pour leur première au Labo. Et avec un nom pareil, c’était un présage puisque les gagnants du tremplin de Dour ont œuvré sous la pluie. Un peu plus tard, ce sont les anciens lauréats du tremplin 2015, Wuman, qui tiennent la barre sous le chapiteau de La Petite Maison dans la Prairie. Les Tournaisiens viennent présenter leur “Portraits”, un EP hommage aux femmes sous forme d’effigie. La pop de Wuman est douce, acidulée et lumineuse, comme des Vampire Weekend à la belge. Avec une belle maîtrise, le groupe confirme les espoirs placés en lui.

 

A 18h30, nous retrouvons les Français de HER. Encore un hommage à la féminité ici et le public en grande partie féminin ne s’y trompe pas. C’est à elles que ces charmants garçons s’adressent. Lancinants et groovy, la pop de Victor et compagnie met le feu à la Maison (dans la prairie). Belle présence et belle énergie pour les cinq gars de HER qui ont chacun su faire ressortir leurs personnalités, un baptême du feu réussi malgré des sonorités des fois assez attendues et faciles.

 

Nous nous dirigeons ensuite dans l’antre du rock et des guitares, La Caverne où les Kills sont attendus pour 21h30. Encore une première fois à Dour pour le duo britannique mythique machine à tubes. On se remet toujours pas de leur dernier titre magnifique (et le clip qui va avec), Doing To Death. Alison et Jamie délivrent comme toujours une performance rodée, efficace, à laquelle viennent s’ajouter la personnalité des deux Anglais. La présence d’Alison est flamboyante, par son chant et sa danse tandis que Jamie inonde la scène de son charme légendaire avec la guitare comme une arme. Les deux qui étaient déjà venus à Bruxelles il y a quelques mois montrent une fois de plus l’étendu de leur talent et de leur complicité scénique.

 

Il faut ensuite se dépêcher pour aller voir Nas, mythe du rap US. Il est considéré comme l’un des meilleurs MC de tous les temps par plusieurs médias américains, rien que ça. Le gars est rompu à l’exercice de la scène, il était même déjà venu en pays hennuyer pour les 20 ans d’Illmatic il y a trois ans. Sans surprise, la foule est dense autour de la Last Arena qui jubile devant la légende qui se tient devant lui. Concernant le show en lui-même, Nas enchaîne les hommages à des Prodigy (décédé il y a moins d’un mois), Michael Jackson, Bob Marley... à n’en plus finir. C’est assez attendu, vu et revu et même assez décevant d’un point de vue musical. Le public ne semble lui pas bouder son plaisir. La nuit se poursuit avec Pusha T qui arrive en retard à cause d’un problème d’avion et Nina Kraviz, une des DJ féminines les plus hype des dernières années.