Dour d'oreille : sueurs, frissons, la température monte

Die Antwoord
6 images
Die Antwoord - © Emmanuelle Huynh

La soirée du samedi au Dour Festival était déjà bien montée en intensité avec les Français d’Acid Arab et leur mariage réussi entre musique électronique et sons orientalisants. Place désormais à de la grosse tête d'affiche et du lourd, chronique du samedi, seconde partie.

 

Timber Timbre, comme dirait l'autre "c'est la classe". Les quatre Canadiens mélangent habilement la folk et le rock dans un tourbillon sombre, tantôt dans la retenu, tantôt dans le combat instrumental proche du post-rock. Ils étaient venus au festival il y a deux ans, Timber Timbre revient avec son dernier opus "Sincerly, future pollution" devant un public averti et conquis d'avance au Labo. Le chanteur Taylor Kirk éblouit toujours par sa présence et sa voix grave, tandis que les rythmes sourds sont de sortie pour une ambiance torturée et romantique, dans le vrai sens du terme.


La première tête d'affiche de ce soir, c'est Rone, le petit prodige de l'electro français. Nous nous dirigeons vers une Petite Maison dans la Prairie pleine à craquer, pour la première fois du festival. Le public est chauffé à blanc et Rone débarque, tout en sobriété il appose ses nappes ambiantes et installe son univers. Erwan Castex de son vrai nom est un musicien autodidacte de 37 ans à la rayonnance aujourd'hui internationale. Derrière ses machines, Rone est un prophète devant une foule d'adeptes, le producteur d'electronica délivre sûrement l'un des plus beaux shows du festival de Dour.

 

A 1h du matin, après une journée bien remplie, nous sommes devant la Last Arena pour voir la plus grosse tête d'affiche de la journée : Die Antwoord. Depuis quelques années, les Sud-africains représentants du Zef Side et de la contre-culture afrikaans ont imposé au monde leur univers d'une inquiétante étrangeté. Avec Roger Ballen, le photographe qui travaille leur esthétique, ils se nourrissent des cauchemars, des monstres et des bas instincts humains et les posent sur une musique techno/rap/hip-hop pour un résultat jamais vu. Sur la scène centrale, le show est lancé, Ninja et Yolandi jouent avec le public, fanfaronnent et sautent partout. On le sait, leur atout est plus scénographique que vocal, les deux voix s'essoufflant rapidement. Mais portés par le public en masse, le tout tient la route et le plaisir est là. Le reste de la soirée se passe avec le gourou psyché Gaslamp Killer, invité par Lefto à la Jupiler Boombox, pour un set endiablé et tropical.