Dour d'oreille : ambiance gélifiante

Dour d'oreille : ambiance gélifiante
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Dour d'oreille : ambiance gélifiante - © EH

Alors que le festival a déjà débuté mercredi avec, on nous l’a dit des performances en demi-teinte, il était temps pour nous de fouler les planches des chapiteaux de Dour. Chronique d’une journée à Dour, première (mais deuxième jour).

 

Nous voulions absolument voir les tournaisiens de Glass Museum, symboles du new jazz à la sauce belge, mais les aléas des transports eurent raison de notre premier concert (mais le groupe est à découvrir ici). Direction donc le Labo, chef-lieu expérimental de Dour pour voir Agar Agar et vérifier si la gelée prend aussi sur scène. Le duo français, composé d’Armand et Clara déroule son très bel EP “Cardan”, scintillement electro-pop à la française. La voix de la chanteuse est rauque et puissante et soulève facilement la petite foule amassée tandis qu’Armand fait progressivement décoller les synthés pour amener une ambiance aux accents techno. Le tournant du concert sera sûrement l’apparition d’un faux vigile sur scène, statique un temps et qui se met subitement à danser sur le titre-phare du groupe, Prettiest Virgin. On regrettera la courte durée du concert mais le groupe est encore jeune et devrait étendre son répertoire.

 

Le premier dilemme de la journée apparaît aux alentours de 17h entre Bruxelles Arrive, Kate Tempest et Group Doueh & Cheveu. Ce sont finalement les derniers que nous choisissons, curieux de découvrir ce mélange improbable. Group Doueh est un groupe saharien qui aime à allier la musique traditionnelle de la région avec l’électricité des guitares et Cheveu est un trio assez inqualifiable, entre le l’indus, le garage et l’alternatif. Group Doueh & Cheveu est le mariage des deux univers complètement différents mais qui fusionnent dans une certaines félicité et un grand respect mutuel. Comme prévu, “c’est de la vraie musique et pas de la muzak de merde”, comme l’annonce le programmateur. Dommage que le public n’ait pas été nombreux à voir sur scène cette petite pépite éphémère (c’était le dernier concert de la tournée et on ne sait pas s’ils vont poursuivre le projet).

 

En attendant la seconde partie de soirée, nous allons faire un tour du côté de la Last Arena où officie Wax Tailor, le producteur de trip-hop français. Un petit soupçon de nostalgie nous fait oublier que sa musique ne se renouvelle pas beaucoup, mais ça fait l’affaire pour attendre la suite. Tout le monde attendait Solange, la petite sœur de Beyoncé qui ne viendra pas pour raison médicale, on nous l’annonçait en début de journée. Elle sera remplacée en dernière minute par le rappeur US Gucci Mane.

Celui que l’on attendait un peu plus tardivement, c’était Todd Terje, le producteur norvégien et DJ electro de renom bien connu des adeptes du genre. Il est presque minuit quand Todd monte sur scène, faisait face à une foule déjà bien entamée. Il déroule sa musique frénétique et douce, dansante et énergique, à son habitude. Et dire qu’il a failli abandonné la musique devant la difficulté à percer. Heureusement, Todd a rencontré Prins Thomas, un producteur au début des années 2000. Sur le plancher de la Petite Maison dans la Prairie, le public se fait de plus en plus dense, attiré par le rayonnement de Todd Terje, qui a livré une performance efficace toute en sobriété, excepté le final sur Inspector Norse. Il est plus d’une heure quand le maître norvégien achève son set, l’heure d’aller se coucher même si Kaytranada aurait sûrement mérité le détour. La suite demain.