Dominique A à l'Ancienne Belgique : solide comme le rock !

Dominique A à l’Ancienne Belgique : solide comme le rock !
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Dominique A à l’Ancienne Belgique : solide comme le rock ! - © Vincent Delerm

Très belle soirée de retrouvailles entre rock et électro  pour Dominique A et ses fans de longue date. Entre les morceaux de son nouveau disque "Toutes latitudes" et une sélection en mode "Best of", la nuit fut toute belle !

Il porte en lui ces deux facettes. Celle de l’amour des instruments organiques. Et celle de l’énergie du rock et des boites à rythmes, présentes depuis ses débuts il y a 25 ans déjà. Après " Vers les lueurs " porté par des instruments à vent, et " Eleor " par un quatuor à cordes, le voilà parti dans un diptyque qui lui permet de ne pas choisir.

D’abord "Toutes latitudes , l’aventure en groupe, sorti il y un mois et charpenté autour de machines et de sons bruts. Puis "La fragilité", l’aventure en solo à paraitre cet automne, et dont le défi sera de susciter l’émotion dans une démarche de dépouillement extrême. On en frémit déjà !

Cœurs à vif

Premier acte donc ce vendredi dans une Ancienne Belgique qui sera vite happée par la tension et l’énergie installée par Dominique et ses quatre musiciens (dont notre compatriote Sacha Toorop assis derrière une des deux batteries). Littéralement habité par ses morceaux, le Nantais impose d’emblée sa voix claire comme le jour. Et ses mouvements corporels si caractéristiques, entre tics et convulsions.

L’option rock est assumée de bout en bout, illustrée par le corps constamment en mouvement de son bassiste Jeffrey Hallam. Comme sur un fil tendu, on oscille entre sa force et sa grâce. Les morceaux du nouveau disque semblent dans leur biotope naturel. Mention spéciale pour " Se décentrer ", d’une incroyable fougue et qui résume bien l’un des propos forts de ce nouvel album : questionner la place de l’homme dans une nature qu’il a dérég(u)lée.

Les trésors du chemin

Dominique A voulait aussi faire de ce rendez-vous une collection de souvenirs pour les fans, une célébration de ces chansons qui ont porté sa carrière. "Le sens", "Rendez nous la lumière", ou une version complètement étonnante du "Cap Farvel" ravissent un public de plus en plus communicatif. Et suspendu aux quelques moments plus calmes, comme cette interprétation délicate de "L’Océan".

Après 90 minutes et un joli "Eleor", la joyeuse équipée prend une première fois congé, pour revenir plus forte encore avec le très applaudi "Au revoir mon amour". C’est avec une envie folle que Dominique lance alors le magnifique "Immortels" puis le "Twenty two bar" et "Le courage des oiseaux", délicieux reliquats des premiers temps.

Comme une conversation qui se prolonge sans pouvoir raccrocher, ils reviennent encore pour "Le convoi" avec un crescendo à la fois puissant et envoûtant. Parfaite manière de terminer ce fabuleux voyage !

Pour le prochain départ, on patientera donc avec plaisir en écoutant l’excellent "Toutes latitudes" ou en replongeant dans sa discographie. En attendant "La fragilité", second volet de son double  disque, qu’il défendra en solo sur scène Voilà qui nous promet encore de belles émotions avec cet homme si touchant !

François Colinet

Dominique A "Toutes latitudes" (Cinq7 - Wagram / PIAS)