"Didn't knock", ce titre des chanteuses bruxelloises JUICY qui passe mal auprès de Théo Francken

Les chanteuses bruxelloises JUICY répondent à Théo Francken
Les chanteuses bruxelloises JUICY répondent à Théo Francken - © Tous droits réservés

Les chanteuses bruxelloises étaient en concert au festival Het Groot Verlof ce week-end sur la Grand-Place de Louvain. Elles y ont interprété leur répertoire dont un titre qui est plutôt mal passé auprès de l’ex secrétaire d’Etat à l’Asile et aux Migrations…

Les festivaliers de Het Groot Verlof ont pu écouter les morceaux les plus connus de JUICY ce samedi soir : "Die Baby die" ou encore "Count our fingers". Un morceau en particulier a retenu l’attention des personnes présentes au concert, et surtout celle de Théo Francken : "Didn’t knock". Il s’agit d’une chanson qui dénonce le projet de loi concernant les visites domiciliaires qui permet les perquisitions policières sans mandat d’arrêt chez les personnes suspectées d’héberger des sans-papiers. L’homme derrière ce projet de loi c’est le politique NVA Théo Francken et autant dire que la chanson "Didn’t knock" l’a quelque peu agacé. Suite au concert, Théo Francken a posté une photo du live de JUICY avec ce message sur son réseau social samedi soir : "Selon ces dames, qui sont payées par la ville de Louvain pour ce concert gratuit, je suis un ‘enfoiré’, et c’est pourquoi elles m’ont dédié une chanson. #Pathétique #avecvoscentimes Ha oui, ce groupe s’appelle Juicy ou quelque chose comme ça."

Les chanteuses bruxelloises ont répondu à cette remarque virulente du politique sur leur page Facebook. Elles ont d’abord remis Théo Francken à sa place concernant sa remarque sur le financement public de leur concert :"Tout d’abord nous aimerions lui rappeler que si nous avons été payées par la ville de Leuven pour jouer au festival "Het Groot Verlof", c’est parce que c’est notre métier. Ce n’est pas parce que nous sommes rémunérées avec de l’argent public que nous sommes en accord avec les politiques mises en œuvre." Ensuite les chanteuses ont rappelé leur droit à la liberté d’expression et d’opinion : "Notre chanson "Didn’t knock" dédicacée à Theo Francken dénonce la cruauté du projet de loi visant à permettre les perquisitions sans mandat d’arrêt. Nous voulons dénoncer toutes initiatives de l’état et de monsieur Francken à empêcher l’entraide citoyenne. Nous continuerons à écrire et à chanter nos désaccords avec les politiques par lesquelles nous ne nous sentons pas représentées."

Théo Francken : 0, JUICY : 1.

Dans une interview accordée à notre site en juin dernier les chanteuses expliquaient déjà que la chanson "Didn’t knock" n’était pas bien accueillie partout : "On a un morceau qu’on dédicace à Theo Franken: c’est clair que quand on a joué à Leuven ou dans les fiefs de Bart De Wever, on le disait. Après, on savait très bien que ça allait foutre une ambiance particulière et que des gens sortiraient de la salle, mais c’est à ça que ça sert! Si pour nous c’est important d’avoir des messages forts, il faut que ça puisse déranger. On aimerait parfois dire plus, mais aborder les sujets de la bonne manière peut être compliqué. Sinon, on essaie de garder un truc assez spontané, je pense que c’est ce qu’il faut." Elles expliquaient également que leur but n’était pas de s’en prendre bêtement à une personne, mais plutôt de l’interpeller : "S’en prendre, ce n’est pas le bon terme, mais… Plutôt aux gens, à leur esprit critique et leur manière de vivre, leur citoyenneté, leur implication dans le monde dans lequel on vit. Ce serait plutôt essayer de les réveiller. Les pousser à écouter, à lire, à comprendre un peu plus, avec un angle d’attaque un peu plus large. Parce que si ça marche, alors beaucoup de choses sont possibles."

Au vu de la réaction du politique NVA, il n’y a plus qu’à espérer que Théo Francken ne soit pas le prochain Ministre de la Culture.

Juicy