De blues comme de coeur, The Barr Brothers frappent un grand coup!

De blues comme de coeur, The Barr Brothers frappent un grand coup!
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De blues comme de coeur, The Barr Brothers frappent un grand coup! - © John Londono

Leur album «Sleeping operator » est, pour nous, LA pépite anglophone de l’année ! Un voyage entre folk, blues et épices africaines par un groupe fabuleux à découvrir le 27 avril à l’Ancienne Belgique, en première partie de Calexico.

Envoûtant ! Il n’y a pas d’autre mot pour qualifier à la fois leur nouvel album et la prestation qu’ils ont livrée, en octobre dernier, sur la toute petite scène du " Witloof Bar " au Botanique à Bruxelles. The Barr Brothers proposent une musique qui redéfinit les contours du folk et du blues, en créant des ponts entre leurs racines américaines et africaines.

À l’origine de cette audace, Andrew, qui tape sur ses peaux et ses cymbales presque comme un malien depuis son retour du pays. Américain immigré par amour à Montréal, il sillonne les routes avec son frère Brad, Andres et Sarah, la harpiste, pour nous faire entendre des notes résolument singulières. Rencontre avec le batteur de notre album anglophone préféré de l’année !

En quoi ce nouvel album est-il différent du premier sorti en 2011?

Andrew Barr : Ce nouveau disque est le résultat d’un travail de groupe. Tandis que le premier est surtout composé de chansons que mon frère avait écrites. C’était une sorte de compilation de compositions faites sur le coin d’une table, issues essentiellement de la vie de tournée. Il avait été enregistré à la maison, par petits bouts, sans vraiment penser qu’un jour cela constituerait un album. Ce n’est que quand on a mis les différentes pièces ensemble que l’on s’est rendu compte que l’on a avait notre premier disque entre les mains.

Celui-ci était plus réfléchi ?

Andrew Barr : En effet, le processus a été complètement différent. On a davantage travaillé ensemble pour les compositions. Et surtout, on est entré en studio avec l’idée d’enregistrer un disque avec une couleur, des vrais choix. Pas seulement des chansons que l’on collerait les unes aux autres.

Sur vos deux disques, on est autant surpris que séduit par un vent frais venu du Mali...

Andrew Barr : Nous sommes de grands adeptes de la musique malienne. Tous les amateurs de musique devraient découvrir la richesse inépuisable de ce berceau du blues !

À Providence, là où j’ai grandi, j’ai la chance de croiser un virtuose des percussions venu de ce pays. J’avais à peine 14 ans quand il a commencé à me donner des cours de batterie. J’étais tellement emballé qu’à 19 ans, j’ai quitté l’école de musique pour m’y rendre. J’avais mes petites économies. Je suis parti à l’aventure pour apprendre le djembé, le balafon? etc. C’était magique ! Là-bas, même les enfants de huit ans pouvaient m’apprendre le rythme. Ils y mettent tellement d’énergie ! Les gens sont capables de jouer huit à neuf heures d’affilée dans des fêtes, des mariages etc. C’est quelque chose que je n’oublierai jamais !

Comment cette expérience influence-t-elle votre écriture dans The Barr Brothers ?

Andrew Barr : C’est assez comique parce que mon frère et moi, au départ, on adore le blues traditionnel. Pourtant, dans le groupe, on a rapidement eu envie d’incorporer de la harpe. Mais, ce n’est pas un instrument habituel dans le blues américain. Alors que, dans le blues malien, la Kora s’intègre parfaitement. C’est une sorte de harpe à 21 cordes qui fait partie intégrante des saveurs sonores de l’Afrique de l’Ouest. Du coup, nous avons complètement intégré l’apport de la harpe dans nos compositions. Sarah ne joue pas de la Kora, mais ses cordes nous permettent d’épicer les ambiances folks et blues avec de délicieuses notes africaines. On remarque, d’ailleurs, que ce sont souvent ces morceaux-là que le public préfère. Nous ne voulons pas imiter la musique africaine. On a beaucoup d’instruments sur scène, mais rarement des instruments spécifiquement africains. Par contre, par nos compositions, on aime mettre en avant ces sonorités trop peu présentes dans la musique nord-américaine. Et si, par notre intermédiaire, on peut donner envie aux gens de découvrir des artistes africains, le pari est certainement gagné !

Le choix de votre manageuse vient d’une histoire assez incroyable…

Andrew Barr : Oui ! À l’époque, mon frère et moi avions un autre groupe, " The slip ". Un jour, on jouait à Montréal. En arrivant dans le bar, je repère une serveuse bien à mon goût et je me dis que je dois trouver un moyen de l’aborder. Un peu avant la fin de notre concert, un incendie se déclenche et la salle doit être évacuée d’urgence. Dans la panique générale, je n’ai pas laissé passer ma chance ! Nous avons échangé nos adresses. Je lui ai envoyé des cartes postales. Puis, j’ai perdu mon passeport et mon portefeuille, avec son adresse dedans, alors que j’étais en Irlande. Désespéré, j’ai mis plus d’un an à la retrouver. Et me rendant compte qu’elle était toujours à Montréal, j’ai décidé de quitter mon Rhodes Island natal pour aller la rejoindre. Aujourd’hui, elle est devenue ma femme et la manageuse de notre groupe ! Les circonstances de la vie sont parfois hallucinantes…

Entretien : François Colinet

En concert le 27 avril à l’Ancienne Belgique (Bruxelles), en première partie de Calexico

The Barr Brothers, "Sleeping Operator" (Secret City Records/V2)

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