Dan Tepfer, le pianiste qui dialogue en temps réel avec la machine

Dan Tepfer au piano
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Dan Tepfer au piano - © Maria Jarzyna

Dan Tepfer donnera mardi à Paris (Café de la Danse) un concert hors du commun: ce pianiste franco-américain improvisera en temps réel un quatre mains futuriste sur un piano relié à un ordinateur.

Il jouera sur un Disklavier, "piano qui joue seul" inventé par Yamaha en 1987, un instrument souvent utilisé dans les bars et hôtels, qui font ainsi l'économie d'un pianiste.

Mais Dan Tepfer l'a fait entrer dans une autre dimension: grâce à des programmes intégrés dans un ordinateur qu'il a reliés à l'instrument, le Disklavier lui répond, non plus ce qu'il joue mais autre chose.

Et de cette "autre chose" naissent ses improvisations, que l'on retrouve sur "Natural Machines", son nouveau disque.

"Je joue, le piano réponds, et je réponds à sa réponse, un peu comme dans une conversation", explique Dan Tepfer.

Cet homme de 37 ans possède une profonde formation et culture musicales: études au Conservatoire à Paris de 6 à 18 ans, puis un Masters au New England Conservatory de Boston. 

Mais ce créateur surdoué, qui a commencé très très tôt à improviser, entre une mère chanteuse d'opéra et un père biologiste, deux Américains à Paris, possède aussi un diplôme d'astrophysicien.

"Mon souhait, c'est que la musique existe à l'intersection du rationnel et du spirituel", résume Dan Tepfer, qui s'est fait connaître il y a une dizaine d'années dans le monde du jazz en improvisant en duo avec le saxophoniste Lee Konitz, puis aussi dans celui du classique à l'occasion de "Goldberg Variations/Variations", son premier disque en 1991. 

plus d'infos sur le site officiel de Dan Tepfer

Aux improvisations de "Natural Machines" se "greffent des représentations visuelles générées en tant réel", explique Dan Tepfer, qui a intégré dans son ordinateur des programmes séparés à cette fin.

Se déplacent ainsi dans l'air autour de lui pendant le concert des images virtuelles, des formes et volumes divers, en fonction de la musique jouée. 

Pour les seuls possesseurs du disque, "Natural Machines" renvoie à des vidéos sur YouTube, afin que l'auditeur ne soit pas privé de cette dimension artistique visuelle.