Couleur Café réussit sa mue au pied de l'Atomium!

Flavia Coelho
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Flavia Coelho - © Youri Lenquette

Changement radical de contexte avec l’arrivée du festival "World / Urbain" dans le parc d’Osseghem où Flavia Coelho, M et Patrice ont mis le feu, entre autres…

Ce week-end de musiques et de bonnes vibrations commence par une grosse frustration météorologique : le beau temps a décidé de bouder le nouveau départ annoncé de Couleur Café dans le magnifique parc d’Osseghem. Il faudra faire avec mais quand on découvre l’endroit, on ne peut s’empêcher de penser que ce serait encore mieux avec le soleil !

Car le cadre est assez idyllique ! On n’a évidemment pas eu l’occasion d’en faire le tour en un bout de soirée mais, dès l’entrée, le contraste avec le béton et la poussière de Tour & Taxis est saisissant. Les arbres, la verdure, l’espace… Fini l’impression d’être constamment oppressé, il y a de l’air et de la place pour tout le monde. Accueilli par de jolies statues éphémères, les festivaliers entrent dans un lieu à part, fréquenté déjà depuis longtemps pour les habitués du Brossella Festival.

Flavia et Matthieu en grande forme.

Notre objectif était d’arriver pour la prestation de J. Bernardt, troisième membre de Balthazart, à se lancer dans un projet parallèle après Warhaus et Zimmerman. Son album avait tourné dans nos enceintes plusieurs jours durant. Le rendez-vous était parfait pour débuter notre édition 2017. Mais on est arrivé trop tard, surpris notamment par l’impressionnante file à l’entrée. Les quelques notes entendues confirment notre intérêt pour l’univers soul/R&B de ce gaillard qui sera à l’AB le 6 octobre.

Patrice lui joue sur du velours à Couleur Café, habitué qu’il est de cette fiesta colorée qui sent bon la fraternité de fin d’année scolaire. Il n’a pas son pareil pour faire danser et sauter ce joyeux peuple bigarré. Efficace à défaut d’être original.

Même esprit un peu plus à droite devant la prestation de Flavia Coelho dont l’album "Soho Real" rencontre un écho grandissant sur les ondes. On a découvert une pile électrique venu de Rio, crinière blonde aux quatre vents. Dans un français quasi impeccable, elle empoche rapidement la mise auprès d’un public qui ne demande qu’à voyager en dansant. Rafraîchissant !

Mais voilà qu’en quelques minutes la foule s’agglutine devant la scène, prête à accueillir "Lamomali", le projet que Matthieu Chedid porte aux cotés du maître de la kora Toumani Diabaté, de la chanteuse Fatoumata Diawara et d’autres artistes maliens de grand talent. Peu de surprise pour nous puisque nous avions découvert ce spectacle il y a deux semaines à Lille. Mais un plaisir encore décuplé par la présence de deux écrans qui nous ont permis d’apprécier les détails d’une prestation grandiose. Comme nous l’écrivions alors, le jeu de guitare de M se combine parfaitement avec les percussions africaines et la virtuosité presque spirituelle de la kora. Les standards de sa belle carrière sont ici magnifiés avec gourmandise. On pense notamment à une version tout en douceur de "La Fleur" qui nous ramène à son tout premier album, tout comme un "Machistador" endiablé. En invité spécial, Oxmo Puccino vient offrir en direct le flow enregistré sur le disque (qui accueille également Jain, Amadou & Mariam, Ibrahim Maalouf et papa Louis)

L’amour de M pour la musicalité malienne sonne vraiment comme une évidence et propose des choses étonnantes comme cette reprise du "Sauver l’amour" de Balavoine. La complicité de cette joyeuse bande saute aux yeux et aux oreilles et l’émotion monte alors que résonne "Je dis M" en rappel. Émotion visiblement partagée. Personne ne semble avoir envie de débrancher la prise. L’aventure prend finalement fin sur un "Solidarité" qui pourrait résonner comme l’hymne symbole de ce nouveau chapitre de Couleur Café.

La température continuera à monter avec entre autres Birdy Nam Nam ou le retour des attendu des cubains d’Orishas. Mais il est déjà temps pour nous d’attraper l’un des derniers trams…