Coronavirus – la colère du secteur belge de la musique

Le secteur se dit stupéfait face à la décision du Conseil national de sécurité, qui impose depuis le 29 juillet de diviser par deux la capacité des événements. 100 personnes en intérieur et 200 personnes en extérieur. Une décision sans consultation dénonce les signataires d’une lettre ouverte publiée ce mardi août.

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31e édition du Dour festival - Juillet 2019. © Hatim Kaghat - BELGA

Nouvel épisode dans la crise du secteur belge de la musique : après l'Ancienne Belgique, c'est au tour du Botanique d'annoncer la suspension de sa collaboration avec plus de 200 collaborateurs externes. Une crise qui risque de s’intensifier face à la décision du Conseil national de sécurité de diviser par deux la capacité des événements. 100 personnes en intérieur et 200 personnes en extérieur. Le secteur estime que la véritable reprise n'arrivera pas avant 2021.

Dans cette lettre ouverte, le secteur belge de la musique réclame plusieurs dizaines de millions d'euros d'aides, en plus des mesures actuelles. Les signataires disent rester "bouche bée" devant les décisions des dernières semaines. Outre la division par deux de la capacité des événements, de nombreux bourgmestres ont décidé de les interdire totalement, malgré les mesures convenues entre le secteur et le gouvernement au printemps, dénoncent les signataires.

Des mois de négociations ont eu lieu pour pouvoir s'organiser en toute sécurité, soulignent-ils. Un guide sectoriel en est sorti, ainsi que le Covid Event Risk Model (CERM), qui doit guider les organisateurs et les autorités locales dans l'organisation d'événements sûrs au niveau sanitaire. "Mais le manque d'unité aux commandes a mis des mois de préparation à la poubelle", écrivent les auteurs.

Le secteur s'engage à ce que les événements en plein air soient sûrs, "avec une plus grande distance que dans les magasins, les restaurants ou sur les digues, sans parler des avions". Organiser des concerts pour 400 personnes, et même pour 200 selon la décision du dernier Conseil national de sécurité, est donc sans danger, estiment-ils, mais le faire de manière rentable est "presque impossible".

Les pertes de revenus sont estimées à 95%, soit environ un milliard d'euros. "Si le bref répit financier nous est enlevé d'un seul mot et sans aucune excuse, sans parler de compenser les pertes, alors nous nous mettons en colère", écrivent les signataires. "Nous avons déjà fait beaucoup de propositions. Il est temps de les concrétiser." Le chômage temporaire et le droit passerelle doivent donc être étendus pour les signataires, mais cela ne suffira pas, alertent-ils.