Cloud Boat, la belle promesse britannique

Cloud Boat - l'album
Cloud Boat - l'album - © DR

Le duo anglais Cloud Boat était de passage au Beurschouwburg ce vendredi pour un show case. De belles influences, une maîtrise vocale et des mauvaises conditions qui n’ont pourtant pas gâché le bon moment. Verdict.

Soleil couchant sur la terrasse du toit du centre culturel flamand au cœur du quartier Dansaert.

Les bobos bruxellois profitent des derniers rayons et glissent avec délectation vers leur week-end en sirotant des cocktails.

21h30, la salle de concert se remplit doucement. Sur la scène, les tapis d’Orient renforcent l’atmosphère intimiste de l’endroit.

Tom Clarke et Sam Ricketts, respectivement chanteur et guitariste de Cloud Boat, entrent sur scène, discrètement, sans esclandre.

Dès les premières notes, on est frappé par le contraste de cette voix hypra haute, quasi androgyne alors qu’elle provient d’un mec qui a des bras tatoués aussi gros que ceux de Rafael Nadal et un t-shirt sombre à tête de mort…

Une filiation idéale

Lors des moments creux ou entre les premières chansons, on entend, venu du fond, le brouhaha des gens qui prennent l’apéro sans écouter le concert.

Un barman fait même rouler un fût de bière. Ça fait tâche, mais Tom n’en a cure.

Boîte à rythmes sur les genoux, il triture sa machine et propose une kyrielle de sons qui complètent les riffs lents de son compagnon de scène.

Les deux jeunes hommes sont les dignes représentants de cette génération qui ne s’encombre plus forcément de 36 musiciens.

Vertu moderne pour les uns, traîtrise pour les autres. Sam et Tom tracent leur route sans détours en proposant une musique synthétique teintée d’ambient et de dubstep.

Rapidement, ils en viennent à Wanderlust, single en puissance aux ambiances de bord de mer et qui confirment que le spleen romantique est toujours de rigueur sur l’île.

Ca oscille entre Tricky et James Blake (c’est un ami d’enfance du guitariste) au niveau du procédé sonore et par instants, les envolées vocales et les complaintes ne sont pas sans rappeler Thom Yorke ou Jonsi, le chanteur des Islandais de SIgur Ros.

Vous avouerez qu’il y a pire comme comparaison et influences…  

Parfois sombre, jamais dépressive, leur ligne est cohérente, épurée.

Arrive leur second petit bijou répondant au doux nom de Youthern, galerie aux mille visages colorée d’échos envoutants.

La fin du show case de 8 chansons prend la direction du trip-hop et de ces rythmiques électroniques saccadées et triturées.

Lions on the Beach et Pink Grin II font un nouveau parallèle avec Radiohead, mais cette fois-ci, c’est plus pour le mimétisme avec les recherches d’atmosphères de la période Amnesiac ou Hail to the Thief du groupe d’Oxford.

On sent les inspirations, mais il n’y a aucune sensation de parodie ou de récupération.

Cloud Boat a trouvé son son propre et traduit à merveille en live cette petite perle d’album qu’est Book of hours

Cela reste un privilège de les avoir vus dans un endroit aussi intime, mais par contre, on rêve de les revoir dans un endroit qui s’y prêtera plus et surtout qui se mettra à la hauteur de leur immense talent déjà présent et en devenir.

Après avoir parcouru l’Europe en première partie de James Blake, Ghostpoet et Mount Kimbie, il est désormais temps pour les programmateurs de salle de donner une chance à ce groupe qui, sans crier gare, donne une leçon de profondeur à l’ultra-marketé Woodkid.  

David Salomonowicz

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