Cali à Forest, mi brut, mi délicat

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Le chanteur perpignanais a donné un concert plein de 2h30 à ses fans les plus ardents. Malgré une salle à moitié remplie, l'ambiance était très chaude parfois proche du délire, tellement Cali est charismatique.



Présentant un album très rock, entouré des belges d'Hong Kong Dong, on a navigué entre un son assez brut et l'incroyable délicatesse d'un homme touchant qui a veillé à ne pas en faire trop. Après un début trop brut, on a été séduit par un concert sincère et généreux.

Cali à Forest, avec sous le bras, son 4e album très rock réalisé par le génial Geoffrey Burtron. On apprécie vraiment Cali, sans doute l'artiste le plus authentique de sa génération. Mais il y avait de quoi craindre ses mauvais côtés. Cette tendance énervante à « en faire des tonnes » et à haranguer sans cesse la foule pour se faire acclamer.

Les premiers morceaux nous font craindre le pire. Le son est approximatif « à la Forest » et Cali qui gesticule partout sur les premiers titres de son dernier album. Il ne faudra que quelques minutes pour qu'il se jette, chantant, porté par la foule. A ce niveau là, Bruno ne changera jamais!

Mais rapidement, on est séduit par l'ensemble. Le son se règle bien, les musiciens trouvent le bon dosage entre la puissance des guitares et la subtilité des cuivres. Le répertoire s'équilibre, donnant une grande part aux morceaux plus calmes et poétiques qui ont nos faveurs.

Une douloureuse tendresse humaine

Cali est un homme entier. En colère, il dénonce avec force. Touché, il aime sans limite. Avec Tes désirs font désordre puis Roberta (sublime histoire d'une dame de 82 ans de son village), il nous touche au plus profond. Quel magnifique don pour traduire la beauté mais surtout la douleur des relations humaines ! Le public présent ne s'y trompe pas et lui offre une incroyable ovation, donnant l'impression que la salle est pleine à craquer. Douleur et joie se mêlent avec Le grand jour, qui célèbre une rupture de façon jubilatoire!

Sa complicité avec les belges d'Hong Kong Dong est réelle et fonctionne bien sur scène. Sarah Zeebroeck assure une belle touche de légèreté sur On revient avant d'interpréter seule (dommage, 100 fois dommage!) C'est quand le bonheur son premier tube qui reste sans doute son plus beau texte. Boris Zeebroeck, le frère, remplacera Daniel Darc sur Pauvre garçon avec beaucoup d'aplomb.

Personne ne vit sans l'amour fou

La relation que Cali a tissé avec son public est vraiment unique. L'amour est au centre de sa démarche. Il ne peut pas faire semblant et prend un pied incroyable à se produire devant des foules. C'est parfois irritant mais c'est diablement authentique. Authentique comme ses convictions politiques et sociales. Un rappel de la guerre d'Espagne sur Juseppe et Maria dans une très belle version, par exemple. Ou une profession de foi dans les forces mobilisatrices de l'humain sur 1000 cœurs debout qui déplacerait des montagnes !

Cali est venu faire la fête avec ce public belge qu'il adore. Il a d'ailleurs décidé de tourner son dernier clip dans la salle forestoise. Beau cadeau pour ses fans qui l'ont acclamé comme un demi dieu. C'est parfois un peu too much mais ça fait partie du concept. Un homme fonçant, fragile et doté d'une incroyable énergie qui touche au cœur. A (re)découvrir aux Francofolies de Spa le 22 juillet!

François Colinet

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En concert le 22 juillet aux francofolies de Spa (Scène Pierre Rapsat avec avant lui AaRon et  Hooverphonic)

CALI "La vie est une truite arc-en-ciel qui nage dans mon coeur (Virgin / EMI)