BSF: Un record du monde, de l'enthousiasme et des demi déceptions

Gérald Genty
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Gérald Genty - © Eric Danhier

Record du monde mercredi, bonnes surprises jeudi et vendredi en demi teinte, voici la suite de nos pérégrinations au Brussels Summer Festival.

On apprécie décidément de déambuler dans le centre de Bruxelles après une journée de boulot ! Réjouissances musicales urbaines, loin des prairies surpeuplées, même s'il y a beaucoup de monde, l’impression d’engorgement est moins oppressante. Et puis, après quelques jours plus gris, le BSF a retrouvé le soleil ces jeudi et vendredi.

Un soleil qui a porté chance au record du monde de Gerald Genty qui a déambulé dans Bruxelles mercredi pour proposer 37 concrets en 12 heures ( !) composés d’au moins cinq chansons de minimum deux minutes. On a toujours été friand de l’univers un peu barré de celui qui a intitulé un de ses disques " Le plus grand chanteur de tout l’étang " Bravo à lui et à tous ceux qui ont rendu ce record possible !

L’enthousiasme du jeudi

La Madeleine accueille les spectateurs adeptes de musique festive ce jeudi avec la venue attendue de Boulevard des Airs. Une effervescence dont a joliment profité Joseph d’Anvers chargé de faire patienter les fans. C’est peu de dire qu’il a saisi cette opportunité à deux mains ! Avec un super groupe derrière lui, il a proposé un set très rock et expressif mais en laissant quelques plages à l’introspection. Au moment où l’on se dit que les accointances avec Dominique A sont évidentes, il annonce " Tremble " que celui-ci lui a justement écrit. Son très bel album " Les matins blancs " nous parait presque trop sage au regard de ce qu’il envoie sur scène. On attendait ce concert avec envie suite au très chouette entretien qu’il nous avait accordé en juin. Le résultat à été séduisant au-delà de nos attentes, grand moment !

Plein de plaisir aussi avec la tête d’affiche du jour qui sait y faire quand il s’agit de faire monter la température ! Prenez les éléments de base du rock, ajoutez-y six cuivres (!), des touches de reggae et d’électro, mélangez le tout dans des racines de chanson française traditionnelle et d’effluves hispaniques, et vous obtenez un mix qui évoque aussi bien Manu Chao, Debout sur le zinc, que Kusturica, surtout quand les cuivres nous offrent de jolis instrumentaux. Voilà, clairement, une des belles découvertes de notre festival !

Le goût de trop peu du vendredi

Avec Girls in Hawaii et Étienne Daho, cette soirée de vendredi nous aguichait particulièrement ! Complètement conquis par leurs prestations respectives en salle, nos espoirs n’ont été ici que partiellement rencontrés. Non pas déçus, mais juste un peu frustrés.

Les Girls avaient déjà sans doute un peu la tête dans leur nouveau disque, annonçant d’ailleurs leur dernier concert bruxellois avant un petit temps. Le milieu du set, toujours très beau, nous a semblé trop calme. Évidemment, à force de les suivre, on devient exigeant. Notre émotion n’a décollé qu’à partir de " Misses ", offert en pensée à Denis sur fond de quelques splendides plans de la place Royale incrustés sur les écrans. " Switzerland " et son crescendo enivrant nous emporte toujours aussi loin tandis que " Grasshopper " puis " Flavor " leur permettait de clôturer le chapitre de ces deux ans d’" Everest " dans un final dantesque. Vient maintenant le temps de l’attente fébrile et curieuse qui nous sépare de la sortie du prochain.

Daho enfin a rameuté la toute grande foule pour son unique concert belge de l’année. Tous les éléments qui nous ont fait adorer son passage au Cirque Royal à l’automne dernier sont là : light show impeccable, oscillation permanente entre énergie rock et sensibilité à fleur de peau, surtout quand il enchaine " Week-end à Rome " et " Duel au soleil " avec le public aux chœurs. Quelques titres récents seulement, pour faire la place aux incontournables madeleines de Proust de sa carrière. " Bleu comme toi ", " Tombé pour la France " est évidemment " Le premier jour du reste de ta vie ". À l’aube de ses 60 ans, il déborde de charisme et de générosité sur scène pour le plus grand plaisir de plusieurs générations de fans. Reste que moins d’une heure quart de prestations, même en configuration festival, ça fait vraiment très court, surtout quand on prend son pied !

Mais, puisqu’il prépare de nouvelles chansons à Londres, d’autres rendez-vous sont à espérer…

François Colinet