"Blues et féminisme noir", une histoire féministe et politique de la musique noire des années 1920 aux années 1940

Focus sur le livre "Blues et féminisme noir" écrit en 1998 par Angela Davis (Figure américaine incontournable, Angela Davis (née en 1944) est connue pour son engagement politique depuis les années 1960). Un livre dans lequel Angela Davis met en lumière la musique de deux grandes stars du tout début du blues, Gertrude "Ma" Rainey et Bessie Smith.

Ce livre explore l’œuvre de deux blueswomen quelque peu oubliées : "Ma" Rainey (1886-1939) et Bessie Smith (1894-1937). La première incarne le blues traditionnel, la seconde, le blues classique. Dévalorisée par les spécialistes du blues et du jazz (qui sont en général des hommes blancs), l’œuvre de ces chanteuses porte un message spécifique : elle affirme la place et les revendications d’autonomie des femmes noires américaines.

Les premières rock stars de l’histoire de la musique

En analysant et en contextualisant les paroles de leurs chansons, Davis met en évidence les prémices du féminisme noir et les signes avant-coureurs des grandes luttes émancipatrices à venir. Elle montre que "Ma" Rainey et Bessie Smith furent les premières rock stars de l’histoire de la musique : or elles étaient noires, bisexuelles, fêtardes, indépendantes et bagarreuses.
Elles posèrent les bases d’une culture musicale qui prône une sexualité féminine libre et assumée, qui appelle à l’indépendance et à l’autonomie des femmes aux lendemains de la période esclavagiste, en revendiquant avec détermination l’égalité de "race" et de genre.

Cette réflexion s’étire aux années 1940 en évoquant l’œuvre de Billie Holiday (1915-1959). Angela Davis réhabilite la conscience sociale de cette chanteuse d’envergure, trop souvent présentée sous le simple prisme des turpitudes de sa biographie.

 

Dans "Un Jour Dans L'Histoire" sur La Première, Jonathan Remy et Hugues Warin de PointCulture évoquent cette histoire et cette lecture.

En 1929, Kenneth W. Adams et WC Handy ont écrit un court métrage basé sur la célèbre chanson de Handy "St. Louis Blues". C’est le seul film connu de Bessie Smith. Le film présente un groupe de jazz de premier ordre qui comprend, James P. Johnson au piano, Thomas Morris et Joe Smith au cornet.