Blondie revient au pop punk de ses débuts avec "Pollinator"

Debbie Harry
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Debbie Harry - © FERDY DAMMAN - AFP

"On a toujours fait en sorte de s'amuser", assure Debbie Harry, icône du groupe Blondie, qui sort "Pollinator", son onzième album, marqué par un retour aux sources pop punk de ses débuts et nourri par de nombreuses collaborations.

Punk ou disco, Blondie n'a jamais voulu choisir. Seul le mythique club rock du CBGB avait la préférence de ses membres sur le plus dansant, mais non moins mythique, Studio 54, lors de leurs soirées new-yorkaises à la fin des années 1970. Et pour cause: le groupe y côtoyait sur la minuscule scène underground du Bowery les Ramones, Talking Heads ou encore Patti Smith.

Quarante deux ans après ses débuts, le groupe américain aux 40 millions d'albums vendus en est toujours au même point, malgré des embardées vers la new wave ou plus récemment vers l'électro.

Alors pour "Pollinator", l'objectif était double: "Revenir aux sources de notre musique, à un rock plus basique", explique le guitariste compositeur Chris Stein, "mais tout en conservant cette volonté de nous amuser", complète la chanteuse au timbre aigu Debbie Harry.

"Depuis notre premier album +Blondie+, ce thème est resté un fil rouge dans notre discographie, jusque dans les notes de notre musique", dit celle qui conserve à 71 ans la blondeur peroxydée qui donna au groupe son nom et ne s'est jamais cachée d'avoir eu recours à la chirurgie esthétique "pour rester dans le circuit".

"Fun", efficace premier single issu de l'album, est la manifestation de cet état d'esprit et rappelle, sans toutefois atteindre le même niveau d'excellence, l'époque dorée où Blondie alignait des tubes comme "Heart of Glass", "Atomic", "Call Me", "One Way or Another".

'Je le referais!'

Si Debbie Harry a toujours été la voix et l'image du groupe, Chris Stein, qui fut longtemps son compagnon, en est l'âme musicale. Et pour la première fois, ils ont accepté d'ouvrir les portes de leur studio à de jeunes artistes aux horizons différents, mais qui ont en commun d'avoir été influencés par leurs aînés.

"On a apprécié ces contributions. C'est assez excitant de susciter une telle envie, c'est là que nous avons réalisé que nous avons été une inspiration pour eux", assure Harry à propos de Dave Sittek, tête pensante du groupe TV on the Radio, de la chanteuse australienne Sia, de Nick Valensi, guitariste des Strokes ou de la Britannique Charlie XCX.

Cette jeune garde était encadrée par deux collaborateurs de renom plus expérimentés: Johnny Marr, ex-guitariste des Smiths, groupe britannique majeur des années 1980, et l'Américaine Joan Jett, interprète de l'indémodable "I Love Rock'n Roll" en 1982.

Les deux quinquagénaires ont connu Blondie du temps de sa splendeur, celle où Debbie Harry incarna une certaine idée de la féminité rock, sauvage, sulfureuse et cool à la fois.

"Je suis parfois nostalgique de cette période. Mais pas tous les jours non plus. Je n'ai pas l'oeil vissé sur le rétroviseur", affirme l'intéressée. Avant d'être reprise par Chris Stein: "Oui mais si tu pouvais tout revivre une seconde fois?". "Je le ferais!", rit-elle.

Avec un ton un peu plus sérieux, Debbie Harry ajoute qu'"en cette époque troublée, inquiétante, qui est la nôtre, l'innocence de cette période passée prend encore plus de valeur".

"C'est pour ça que notre chanson, +Fun+, prend tout son sens aujourd'hui", enchaîne Chris Stein.