Bêtes de scène à 20 ans, la belle énergie de Hyphen Hyphen et Last Train

Ils ont 20 ans et déjà 200 concerts au compteur: Hyphen Hyphen et Last Train, qui sillonnent la France actuellement, incarnent une relève rock qui, "à l'ancienne", a préféré se façonner sur scène avant d'entrer en studio.

Hyphen Hyphen dévoile vendredi son premier album ("Times") mais ces quatre Niçois arpentent déjà depuis plusieurs années les grands festivals de rock avec leurs maquillages noirs et des refrains pop lumineux. Last Train, des Mulhousiens dont le rock garage a séduit Rock en Seine fin août, se contentera en octobre d'un premier mini-album en attendant un premier vrai album l'an prochain.

Si leurs styles musicaux diffèrent, ces deux jeunes groupes français convertis à la langue anglaise se sont construits de la même façon, en accumulant les kilomètres et les concerts en France et à l'étranger.

"On s'est formé au lycée et on a tourné ensuite pendant deux ans", explique à l'AFP Santa, la chanteuse de Hyphen Hyphen, quatuor dont les membres affichent 22-23 ans mais déjà une solide expérience. Leur ambition a notamment pris corps lors d'un concert en 2012 à Rock en Seine devant plusieurs milliers de spectateurs: "C'est le moment où on s'est dit qu'on voulait faire de la musique pour beaucoup de monde!", explique le groupe, qui a depuis rejoint la "major" Warner.

Le credo des "Hyphen Hyphen" ("Hyphen" signifie "Trait d'union" en anglais), c'est la "conquête permanente, l'idée d'aller chercher les gens", ajoute Santa, entourée de ses acolytes Adam (guitare), Line (basse) et Zaccharie (batterie).

L'attitude un peu "punk" des débuts (jouer partout et tout le temps) a toutefois un peu évolué. Le groupe préfère désormais les "belles salles" et a soigné le côté "pop" de sa musique pour son premier disque: "J'espère qu'avec cet album, on va prouver qu'on est aussi légitime sur CD et qu'on a réussi à retranscrire notre énergie dans ce format", souligne la chanteuse.

A découvrir sur scène tout l'automne avec plus de vingt dates programmées en France jusqu'en décembre.

Distingué au Printemps de Bourges

Plus jeunes encore, avec une moyenne d'âge de 20 ans, les quatre membres de Last Train vont aussi sillonner la France jusqu'à la fin de l'année avec une quarantaine de concerts prévus, dont un passage par le festival des Inrocks en novembre à Paris.

"Notre groupe a grandi dans la sueur, dans l'effort, dans la fatigue", explique Julien, guitariste aux côtés du chanteur-guitariste Jean-Noël, du batteur Antoine et du bassiste Timothée.

"On passe nos journées dans le van! Si on nous propose un concert dans le sud-ouest de la France, même si c'est pour une date, on y va!", ajoute-t-il, assurant que l'envie est la même devant dix spectateurs ("Ca nous est arrivé souvent...") ou devant 3 ou 4.000 fans de décibels, comme ce fut le cas à Rock en Scène fin août.

Tout de noir vêtus, les jeunes Last Train ont fait le show avec un concert transpirant que n'auraient pas renié les groupes qu'ils vénèrent: Led Zeppelin, Black Rebel Motorcycle Club ou The Brian Jonestown Massacre.

Longtemps resté une bande d'ex-copains de collège, le groupe est passé à la vitesse supérieure début 2014 en perdant son chanteur d'origine mais en se lançant sur les routes pour se faire connaître, en France et un peu en Europe. Une énergie récompensée lors du dernier Printemps de Bourges, où le quatuor a été primé dans la catégorie découvertes.

Un mini-album est promis fin octobre mais le groupe a décidé de jouer la montre avant de sortir un véritable premier album. Loin d'être des têtes brûlées malgré leur âge, ils préfèrent aller chercher les fans directement dans les salles mais également prendre le temps de faire grandir leur propre label, Cold Fame Records, lancé pour produire et faire tourner Last Train mais aussi d'autres groupes.