Bernard Lavilliers, résolument latino!

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Dans un Cirque Royal très bien garni, le stephanois nous a proposé un concert en forme de voyage en Amérique latine.

Dans un Cirque Royal très bien garni, le stephanois nous a proposé un concert en forme de voyage en Amérique latine. A l'image de ses 3 derniers disques, il prend un grand plaisir à nous balader, aux gré des instruments peu connus et des notes ensoleillées du sud de la planète. Son coté loubard nous a un peu énervé mais la qualité musicale nous a impressionné!

En première partie, JALI, bruxellois d'origine rwandaise, a ébloui le public grâce à un sourire ravageur et des chansons reggae acoustique franchement bien ficelées, comme cet « espaniola » qui devrait plaire à un large public. Son premier album sortira à l'automne chez Barclay. Un disque d'ores et déjà attendu, pour une star en devenir..!

Une chaude soirée! Voilà comment rapidement résumer le plaisir que nous avons pris à chalouper sur les titres du très beau dernier disque de Bernard Lavilliers, Causes perdues et musiques tropicales Pendant 2h15, on a voyagé du Brésil à Porto Rico, de Paris à New York en passant par Buenos Aires ou San Salvador.

Ce bon vieux Bernard vieillit comme le bon vin, plus baroudeur que jamais! Bientôt 65 ans et une carrière exceptionnelle dans laquelle il a expérimenté de nombreux styles, toujours avec la même dégaine et la même énergie diablement communicative.

Waouw quels musiciens!

Ouvrant sur le très cinématographique Je cours il en fait un peu des tonnes en début de concert. Ce coté loubard qui a tout vu et tout vécu nous énerve. Il gesticule un peu trop mais ça fait partie du personnage. Et de toute façon, les musiciens sont tellement bons!!

Quel plaisir de revoir les excellents Thierry Fanfan à la basse et le belge Olivier Bodson aux cuivres. Pigalle la blanche fait mouche tandis que l'exilé, rappelle ses opinions politiques pleinement assumées. Avec St Étienne et Betty seul à la guitare l'homme se fait plus tendre, plus accessible. Emouvant. Son groupe est vraiment impressionnant et nous offre une belle diversité d'ambiance. Ils se marre comme des gamins...L'émotion est aussi au rendez-vous. Les mains d'or par exemple reste un des plus beaux hommages au monde ouvrier.

Chaleur à tous les étages

Depuis 10 ans, Lavilliers se fait ambassadeur des musiques d'ailleurs avec brio comme le prouve le très beau Sourire en coin issu de son excellent dernier disque. Le coté rock, moins convaincant, n'est pas oublié à l'image d'un identité national rageur. Mais l'ADN de Lavilliers est, aujourd'hui plus que jamais, imbibée de musique latino

Le public est chaud comme la braise et Bernard le lui rend bien. Il se jette plusieurs fois dans la foule et propose une Salsa qui sointe bon le spanish harlem à un public enfin debout, prêt à danser. Il aura fallu un peu de temps mais ca y est, le Cirque se transforme en boite latino. Sur Solitaire, stand the ghetto ou Melody tempo harmony ça bouge partout et Bernard comme à son habitude rend visite aux balcons avant de nous faire frissonner sur Attention fragile. On n'aura pas eu droit à Angola, duo merveilleux avec Bonga, mais la soirée était belle et ensoleillée!

François Colinet

Bernard Lavilliers « Causes perdues et musiques tropicales' (Barclay / Universal)